Autant le confesser: tout le monde y pensait. Des paris potaches s'étaient même ouverts dans les alcôves de Roland-Garros, entre gens de mauvais esprit. Secrètement, honteusement, narquoisement, le landerneau guettait le moment où Amélie Mauresmo vacillerait sous le poids des attentes, celles de la France cocardière et, en filigrane, les siennes. Ce fut dimanche, brutalement, contre une morveuse de 17 ans, Nicole Vaidisova (6-7 6-1 6-2). Morveuse, mais non moins talentueuse. La numéro un mondiale avait acquis une certaine légitimité - que beaucoup lui contestent encore, malgré son succès à l'Open d'Australie -, ce dont elle semblait tirer un aplomb nouveau. La voilà qui a rebasculé la tête la première, nerveuse, effarouchée, indécise. Jamais Amélie Mauresmo n'a trouvé la paix sur sa terre d'origine, où gisent ses illusions les plus chères. «Vaidisova a mieux servi, je n'ai pas tenu mes engagements et j'ai eu un coup de barre. Il faudra peut-être m'attendre ailleurs...» Patty Schnyder a pris la même direction, battue - d'avance - par Venus Williams 4-6 6-3 6-2. «Elle était convaincue de n'avoir aucune chance», glisse un proche, fou de rage.