Son nom symbolise le football espagnol d’avant la révolution culturelle importée par Cruyff. Un jeu de «furia», de «sangre» et parfois de «muerte», qu’Andoni Goikoetxea a condensé en une action, un tacle appuyé (appréciation d’époque) derrière la jambe gauche de Diego Maradona, le 24 septembre 1983. Fracture de la cheville avec arrachement des ligaments pour la star argentine du Barça et carton jaune pour le défenseur central de l’Athletic Bilbao. La vidéo édifie aujourd’hui les jeunes générations sur YouTube. Qualifié d’«anti-footballeur» par Cesar Luis Menotti et de «boucher de Bilbao» par la presse internationale, l’ancien défenseur international (39 sélections) vit depuis avec ce souvenir, qu’il assume mais relativise. Il refuse surtout que sa carrière soit réduite à un mauvais geste.

Double champion d’Espagne (1983 et 1984) et finaliste de l’Euro 1984 avec la Roja en France, Andoni Goikoetxea incarne aussi l’époque où l’Athletic Bilbao, la Real Sociedad puis plus tard le Deportivo La Corogne pouvaient contester le titre aux grands d’Espagne. Devenu ambassadeur de son club de presque toujours (il termina sa carrière chez les cousins de l’Atlético de Madrid), il considère que l’Athletic peut encore rivaliser sans renier sa spécificité culturelle d’équipe 100% basque. Pour les Lions, le défi commence ce vendredi soir avec la réception du Barça.