Andy Murray est depuis quatre semaines le dauphin de Roger Federer au classement ATP, sans que ce statut n’attise des avidités de pouvoir, d’ores et déjà considérables, ni ne modifie son approche. Mais les attentes sont pressantes, forcément. Attentes déçues: l’Ecossais est sorti manu militari de l’US Open (7-5 6-2 6-2) par le géant croate Marin Cilic.

La seule statistique du deuxième set restitue la dimension aberrante, voire irrationnelle, de la rencontre: l’un des meilleurs serveurs du circuit, Marin Cilic, a servi 31% de premières balles, une inanité quasi record, mais l’un des meilleurs «retourneurs» du circuit, Andy Murray, n’en a pas profité, il a abandonné la manche 6-2!

«Je n’avais pas d’énergie, a bredouillé l’Ecossais. C’était une sensation étrange: après le premier set, j’étais à bout de forces, comme vidé. Je ne saurais l’expliquer. Au final, je ne voudrais pas chercher d’excuses: j’ai joué un tennis d’une pauvreté indigente, et j’ai perdu, point. Ce n’est pas le pire moment de mon existence, mais la déception est grande.»

Marin Cilic n’est pas tombé du dernier avion. Matricule dix-sept à l’ATP, le Croate, 1,98 m, est armé d’un service canon, pur produit de l’école croate, désormais équipé d’accessoires complets, dont il tire une grande force de frappe. Mardi soir, il a facilement profité de l’apathie adverse. Il affrontera Juan Martin del Potro, en quart de finale, dans un duel de géants.