Ils ont fini le Tour contents, Andy et Frank Schleck. Et c’est peut-être bien là tout le problème. Deuxième d’un podium qu’il complète avec son frère Frank, Andy avait pour lui un Tour sur mesure, où le nombre de kilomètres contre-la-montre n’avait jamais été aussi faible. Un Tour où la rivalité annoncée avec Alberto Contador s’est vite effilochée, l’Espagnol payant les efforts consentis sur le Giro. Sur cette édition 2011, Andy Schleck aura décroché l’honneur de devenir le premier coureur de l’histoire à terminer deuxième du Tour trois fois de suite.

Un honneur qu’il s’est bâti en grande pompe. Dans les Pyrénées où il calquait sa course sur celle d’Alberto Contador, par des accélérations téléphonées. Dans la montée de l’Alpe d’Huez où il prenait les relais avec Cadel Evans face à Alberto Contador, à un jour du chrono qu’il savait à l’avantage de l’Australien. Dans l’étape de transition vers les Alpes, jugée à Gap, où il était distancé dans un col de deuxième catégorie, le col de Manse, avant de renaître deux jours plus tard pour s’envoler dans un col hors catégorie, l’Izoard - et de s’adjuger avec brio l’étape au Galibier. Dans le contre-la-montre de samedi, enfin. Alors même que l’exercice n’est pas sa spécialité, alors même que Cadel Evans l’avait pratiqué en situation de course sur le Critérium du Dauphiné, Andy Schleck avait fait l’impasse sur le parcours. Tout bonnement. « C’est la seule étape que je n’ai pas reconnue », affirmait-il la veille.

A 26 ans, Andy Schleck promène sa légèreté sur la plus grande course du monde comme il la déploie globalement dans sa vie, passionné de pêche, de chasse et de sorties en forêt avec ses chiens. « Andy, on ne peut pas le diriger, c’est comme ça », nous avait affirmé son père Johnny en début de Tour. Issu d’une famille de cyclistes, pourvu d’un talent qui l’a placé au centre des attentions et des attentes, Andy Schleck accepte-t-il toutes les contingences inhérentes à un champion? Pour lui qui critique le parcours sans ménagement, il faudrait peut-être un Tour de France sans descente. Et sans contre-la-montre.