Le suspense est tout aussi intenable chez les dames que chez les messieurs. On retrouve, pour la quête du globe, celles qui se partagent le gâteau alpin sans guère laisser de miettes aux autres. Anja Paerson et Janica Kostelic, dominatrices parce que talentueuses, bûcheuses, ambitieuses et polyvalentes, s'affronteront jusqu'à la dernière course de ces finales. La joufflue fillette de Tarnaby possède une faible longueur d'avance – 63 points – sur la coriace Croate qui, en début de saison, n'aurait jamais envisagé pouvoir prétendre au sacre. A peine remise d'une saison blanche passée à soigner les maux d'un corps meurtri par une quinzaine d'opérations, dont celle de l'ablation de la thyroïde, elle s'est concentrée sur les Mondiaux de Bormio. Avec succès, puisqu'elle y a récolté pas moins de trois médailles d'or (en descente, en combiné et en slalom). Cela a suffi à la griser pour la fin de la saison et à la placer en position de s'imposer, pour la troisième fois après 2001 et 2003, au classement général de la Coupe du monde.

Tenante du titre, Anja Paerson ne songeait guère davantage à rééditer son exploit de l'an dernier. Sa décision de se vouer sans retenue aux épreuves de vitesse la menaçait d'une certaine usure. Son niveau en slalom a légèrement fléchi, mais la polyvalence a payé plus vite que prévu. La Suédoise s'est offert le titre mondial en super-G à Bormio et une victoire en descente il y a quinze jours sur la piste olympique de San Sicario.

Avoir le dernier mot

Et voilà les deux reines de l'alpin au coude à coude. Désireuses l'une et l'autre d'avoir le dernier mot. Mais prudentes parce que conscientes de leur détermination réciproque. Kostelic déclare qu'il faudra qu'elle monte sur le podium des quatre épreuves si elle veut s'imposer. Quant à Paerson, elle affirme qu'il n'y a pas d'autre solution pour elle que de «faire mieux que Janica. Ce qui veut dire gagner à chaque fois.»