Lancement de l'Agence mondiale antidopage (AMA), mise en place d'un arsenal de contrôles sur les grandes compétitions, sanctions exemplaires: en 2001, la lutte antidopage s'est donné des moyens. Mais les douze derniers mois ont aussi révélé de nouveaux gros scandales: en ski de fond d'abord, puis au Tour d'Italie, en athlétisme et même dans le football. Le Comité international olympique (CIO) a dû lancer un nouvel avertissement aux athlètes qui utilisent des compléments nutritionnels. L'analyse de 600 de ces produits, en vente libre dans le commerce, a révélé «que 15 à 20% contiennent des substances pouvant entraîner un test de dopage positif».

Le premier cataclysme a touché le ski nordique. Lors des Championnats du monde de Lahti, en février, six skieurs finlandais – parmi lesquels le vétéran Harri Kirvesniemi, véritable héros national – étaient contrôlés positifs. Ils avaient tenté de dissimuler des prises d'érythropoïétine (EPO) avec un produit interdit, le Hemohes, qui dilue le plasma. On apprenait plus tard qu'ils s'étaient dopés sur ordre de leur entraîneur, et avec l'assentiment du médecin de l'équipe nationale.

Deuxième traumatisme, le Giro. Trois ans après le scandale Festina dans le Tour de France 98, le cyclisme italien vacille à la suite d'une opération «coup de poing» de la brigade antistupéfiants, au soir du 6 juin, à l'étape de San Remo. Les policiers saisissent trois cents boîtes de médicaments divers: stimulants, corticoïdes, anabolisants. Une information judiciaire est ouverte à l'encontre de 86 personnes. Deux mois plus tard, 52 sont mises en examen.

Encore en début d'année, le championnat italien de football a révélé plusieurs cas de dopage à la nandrolone. Une dizaine de joueurs sont concernés. Verdict: quelques mois de suspension.

L'athlétisme n'est pas épargné: l'affaire de la Russe Olga Yegorova va poser et exacerber le débat sur les tests. Contrôlée positive à l'EPO lors d'un meeting à Paris, elle est blanchie par la Fédération internationale, n'ayant subi que le test urinaire et pas le test sanguin. Car, pour le CIO et plusieurs fédérations, la positivité à l'EPO doit être déclarée à la fois dans un test sanguin et urinaire. C'est ce qui est prévu pour les Jeux d'hiver de Salt Lake City en février 2002. Tous les athlètes seront soumis à un test général antidopage, avant l'ouverture du village olympique le 29 janvier.

Cela n'empêche pas le président de l'AMA, le Canadien Richard Pound, de s'inquiéter du fait que les tests de détection de l'EPO ne deviennent rapidement obsolètes, à cause de l'émergence de nouveaux produits. Comme le Nesp, protéine stimulante non détectable. «Il est vingt fois plus puissant que l'EPO et reste trois fois plus longtemps dans le sang», a affirmé le professeur Giorgio Lambertenghi, médecin-chef spécialisé de l'hôpital Maggiore à Milan. «Il augmente l'hématocrite avec un important risque mortel pour un sujet sain.»