Elle parle de «galère» dans un énième éclat de rire, mais elle se corrige bien vite: «Non, c’est merveilleux ce qui m’arrive. Mais je suis toute seule à gérer, alors parfois ce n’est pas simple.» Anne-Flore Marxer mène une course contre le temps depuis le printemps dernier. Son film A Land Shaped By Women (un pays façonné par les femmes) a reçu 11 récompenses dans des festivals un peu partout dans le monde. Elle s’est promenée en Europe pour en assurer la promotion, puis en Islande pour de multiples diffusions dans les écoles et les cafés. Juste avant un succès inattendu mi-janvier au Grand Rex, la mythique salle parisienne, qui a dû doubler la capacité d’accueil initialement prévue pour répondre à la demande. Elle enchaîne les interviews, répète inlassablement son histoire. On craint que le coup de blues soit terrible une fois la pression retombée. «Ah non, j’ai vraiment besoin de couper. J’ai pris un seul jour de congé depuis mars dernier, et c’était le 25 décembre. J’ai travaillé sept jours sur sept, de 5 heures à 2 heures du matin. C’est beaucoup trop. J’ai besoin de redescendre et de comprendre ce qui vient de se passer», dit-elle.