Dick Pound, le président canadien de l'Agence mondiale antidopage (AMA) installée à Montréal, a profité du dernier jour de session pour pousser ce qu'il est convenu d'appeler une «gueulante», à l'adresse des Etats qui rechignent à verser leur contribution, et même envers le CIO: il manquait en effet 1,3 million de dollars à la quote-part olympique due à l'agence cette année… Quote-part complétée sur-le-champ, avec les excuses du président Jacques Rogge.

La participation des gouvernements à la lutte contre le dopage reste, elle, beaucoup plus préoccupante. Sur un budget de 21 millions de dollars pour 2003, l'AMA n'a encaissé que 11 millions à ce jour. Conséquence grave: elle doit opérer des coupes sombres dans un domaine d'activité primordial, à savoir la recherche sur le dépistage des nouveaux produits dopants ou masquants. De 4 millions de dollars prévus, on descend ainsi à 1 million, c'est-à-dire trois fois rien. «Je suis très déçu de l'attitude des gouvernements», a déclaré Dick Pound. «Pendant les deux premières années de fonctionnement de l'AMA, 1999 et 2000, ils avaient prié le CIO de couvrir le budget nécessaire à 100%, afin de s'organiser côté financier. Or, nous sommes en juillet 2003, et ils n'ont absolument rien entrepris dans ce sens.»

A se demander si certains Etats – l'Union européenne et la Suisse n'en font pas partie – n'ont pas sciemment décidé de reléguer la «propreté» du sport dans la colonne des pertes et profits.

– Signe tangible de son retour en force parmi le cercle très restreint des membres influents du CIO, l'indestructible septuagénaire coréen Kim Un-yong (lire LT du 4 juillet) a été élu vice-président de l'instance olympique. En battant, par 55 voix à 44, le Norvégien Gerhard Heiberg, pourtant «Monsieur Lillehammer 1994» et désormais président de la puissante commission des droits TV. On vous le disait, «l'ancien régime» n'est pas mort.