Il n’y a pas que le tennis, Federer et Wawrinka qui passionnent les médias étrangers en matière de sport suisse: il y a aussi l’alpinisme et Ueli Steck. Et justement, cette semaine, l’alpiniste de 39 ans annonçait, mercredi, avoir achevé l’ascension de 82 sommets alpins de plus de 4000 mètres... en soixante-deux jours.

Ce qui lui vaut aujourd’hui un portrait en majesté de l’Agence France Presse. Les mots «prodige», «machine suisse», «instinct», «émotion» émaillent l’évocation. Les verbes «dompter», «repousser ses limites», «avaler les dénivelés», «être frigorifié» martèlent la prose de Benoît Pavan, qui a rencontré l’alpiniste cette semaine dans les Hautes-Alpes.

Lequel lui a confié ne pas chercher «à ce que l’on parle de mes records. C’est mon plaisir personnel seul qui dicte ma démarche. J’aime quand, le soir, mes muscles sont durs et quand la fatigue me gagne. J’ai besoin de ça.»

Mais il y a aussi, dans le tableau de Benoît Pavan place pour les zones moins solaires et immaculées. Fusent alors les mots de controverse, de business, de jalousie.

Le business? «S’il reste discret sur ses émoluments, Ueli Steck affirme que la soif d’argent et de gloire n’a jamais compté. Il se dit satisfait lorsque ses revenus dépassent son ancien salaire de charpentier. Aujourd’hui, il bénéficie d’une quinzaine de sponsors qui lui laissent la liberté de tracer sa route comme il l’entend».

La course à la gloire? «Il tient également à se tenir à distance des médias durant ses ascensions pour pouvoir prendre la «décision la plus juste sur une paroi». Et cette déclaration de l’athlète: «Je ne fais pas un business. Sinon, cela devient trop dangereux.»

L’absence de preuve GPS ou photographiques pour authentifier certains de ses exploits» ? «Il y a beaucoup de jalousie et il me faut l’accepter. C’est le revers de la médaille. Ces critiques me touchent, évidemment, mais je ne perds jamais de vue l’essentiel: je fais tout cela pour moi avant tout.»

Enfin, Ueli Steck aborde sans fard la suite de sa carrière en évoquant l’horloge biologique qui ne cesse de tourner: «Pour l’instant, j’ai encore la passion, mais je n’ai plus vingt ans».

Il n’a plus vingt ans, certes, mais il annonce déjà que pour l’automne il se rendra au Népal pour faire l’ascension du Nuptse, 7800 mètres, au sud-ouest de l’Everest.

Pour l’heure sur les réseaux sociaux, ce sont surtout les congratulations et l’ébahissement qui prévalent, comme en témoignent, quelques exemples entre mille, ces félicitations de l’ambassade suisse au Royaume-Uni:

Ou cet enthousiaste tweet de Festival d’alpinisme de Banff:

On le disait: il n’y a pas que Wawrinka et Federer pour doper l’orgueil sportif suisse!