Pour établir chaque semaine le classement mondial, l'ordinateur de l'Association des tennismen professionnels (ATP) prend actuellement en compte les résultats des douze derniers mois de compétition d'un joueur. Mais un nouveau système est envisagé, censé être plus facile à comprendre pour le public, et qui sera basé sur la simple addition des points depuis le début de l'année civile. S'il est un joueur qui doit regretter que le changement ne soit pas intervenu plus tôt, c'est bien Marc Rosset. Grâce à ses excellentes performances depuis le début de l'année, et en particulier à la victoire obtenue dimanche à Saint-Pétersbourg, le Genevois occuperait à l'heure actuelle le troisième rang mondial derrière les finalistes des Internationaux d'Australie, le Russe Evgueni Kafelnikov et le Suédois Thomas Enqvist.

Un changement de coach bénéfique

Le vieux système étant toujours en vigueur, Rosset – 24e à l'ATP avant le début de l'épreuve – ne va malheureusement que peu progresser au classement, puisqu'il avait déjà atteint la finale à Saint-Pétersbourg l'an dernier. Cependant, l'essentiel est ailleurs, et la victoire de ce dimanche est là pour le prouver: Marc Rosset a retrouvé une confiance et une motivation qui semblaient l'avoir abandonné durant une bonne partie de la saison dernière. Pierre Simsolo, qui a succédé comme coach à Stéphane Oberer en août passé, y est sans doute pour beaucoup. A tel point qu'on peut se demander si ce changement d'entraîneur n'aurait pas dû intervenir plus tôt dans la carrière du Genevois.

Cela étant, le succès de Marc Rosset à Saint-Pétersbourg – le treizième de sa carrière – est intéressant à plus d'un titre. Le numéro un helvétique n'avait plus remporté de tournoi sur le circuit de l'ATP Tour depuis deux ans exactement, soit depuis sa victoire à Anvers en février 1997. Surtout, il avait été battu lors de ses trois dernières finales, à Tachkent il y a deux ans, puis à Saint-Pétersbourg et à Anvers l'an dernier, une succession de défaites difficiles à avaler. Un joueur comme Cédric Pioline a ainsi vu sa progression longtemps freinée par son incapacité chronique de remporter une épreuve. En battant facilement l'Allemand David Prinosil dimanche (6-3 6-4), Rosset a donc réussi à mettre fin à sa série négative.

Les rabat-joie ne manqueront certes pas d'arguer que le Suisse n'a pas battu un seul professionnel classé dans les quarante premiers mondiaux au cours de sa semaine victorieuse à Saint-Pétersbourg. Mais c'est précisément cette constance face à des adversaires moins bien classés qui doit être source de satisfaction pour Marc Rosset, son entraîneur et ses admirateurs. Dans le passé, le Genevois a trop souvent manqué de belles occasions de s'imposer face à des rivaux largement à sa portée.

Les esprits chagrins estimeront peut-être aussi que Marc Rosset n'est plus qu'un spécialiste des tournois d'importance moyenne sur court couvert. La critique n'est pas sans fondement. Le Genevois a atteint sa dernière finale dans d'autres conditions de jeu il y a déjà près de quatre ans, à Halle, sur gazon. Rosset a-t-il donc encore, à 28 ans, les moyens de triompher sur terre battue, sur herbe ou sur dur? S'il est vrai que les tournois en salle lui conviennent le mieux, le défi n'a rien d'impossible, comme sa récente qualification en quarts de finale à Melbourne le laisse penser.