Football

Après l'Euro 2016, la valeur de certains joueurs bondit

Au terme de chaque tournoi international, les joueurs qui ont brillé croulent sous les propositions et voient leur valeur flamber. Au point d’atteindre des indemnités de transfert et des salaires record

Ce lundi, le club chinois de Shandong Luneng a officialisé l’arrivée de Graziano Pellè en provenance de Southampton. Le montant du transfert n’a pas encore été dévoilé, au contraire du salaire que percevra l’attaquant italien de 30 ans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est colossal: 40 millions d’euros sur deux ans et demi, selon Sky Sport. L’équivalent ou presque de la rémunération de l'Anglais Wayne Rooney, joueur le mieux payé de Premier League, et de l'Allemand Thomas Müller, dont les revenus annuels sont estimés, pour chacun d'eux, aux alentours des 16 millions d’euros. C’est plus que ce que gagnent les Barcelonais Andrès Iniesta et Luis Suarez (15 millions d’euros) ou le Madrilène Gareth Bale (14 millions d’euros).

Un prestige gagné à l'Euro

Rien ne prédestinait pourtant Pellè à jouer dans la même cour qu’eux, lui qui a inscrit, en deux saisons, 30 buts en 80 matches avec Southampton toutes compétitions confondues. Un total loin d’être ridicule, mais non comparable au rendement des plus grands attaquants d’Europe. L’Italien affichait cette saison une moyenne de 0,38 but par match en championnat, alors que le meilleur buteur, Harry Kane, grimpait jusqu’à 0,66.

Mais voilà, ce contrat hors norme venu de Chine intervient après l’Euro, durant lequel Pellè a brillé. Quart-de-finaliste malheureux avec l’Italie face à l’Allemagne (1-1, 5-6 aux tirs au but), l’attaquant a inscrit deux buts durant la compétition, face à la Belgique et l’Espagne, et il a été très remarqué. Le désormais ex-joueur de Southampton est loin d'être le seul joueur dont la valeur a flambé après une grande compétition réussie. Le mécanisme permet systématiquement à quelques footballeurs de changer de statut.

41 millions d’euros pour Sissoko

Le Français Moussa Sissoko devrait lui aussi être très sollicité cet été. Titularisé par Didier Deschamps au sein de l’effectif tricolore pour les trois derniers matches, le milieu de terrain a impressionné par sa percussion, sa vitesse et sa puissance physique. Avec en point d’orgue une prestation de grande classe contre le Portugal en finale (0-1 après prolongations), où il a été de loin le meilleur joueur français sur la pelouse.

Newcastle, son club actuel (qui évoluera en deuxième division anglaise cette saison), en demanderait 41 millions d’euros selon «L’Equipe», contre 25 millions d’euros avant l’Euro. Sissoko reconnaissait d’ailleurs ce mardi dans le quotidien sportif que son tournoi réussi «peut aider» à concrétiser un transfert dans un club de premier plan. «J’aimerais partir pour poursuivre mon évolution. J’espère de tout cœur que ce sera le cas», a même déclaré le principal intéressé à «Foot Mercato».

Autre joueur convoité: Hal Robson-Kanu. Révélation de l'équipe surprise du Pays de Galles, l’attaquant laissé libre par Reading (deuxième division anglaise) a révélé à «L’Equipe» que son agent est très occupé depuis son but face à la Belgique en quarts de finale (victoire 3-1 des Gallois). Des clubs de Premier League le convoitent.

James, estimé à 50 millions, vendu à 75

Le cas le plus significatif reste celui de James Rodriguez. Etincelant lors de la Coupe du monde 2014 avec la Colombie (meilleur buteur du tournoi avec six réalisations), le joueur de l’AS Monaco en a profité pour signer dans la foulée au Real Madrid, moyennant 75 millions d’euros (hors bonus) selon le site Football Leaks. «En 2014, nous estimions la valeur de James Rodriguez à 50 millions d'euros et le Real Madrid en a offert 25 de plus à Monaco pour réaliser un coup, parce que c'était le transfert de l'été», analysait Raffaele Poli, directeur de l’Observatoire du football, rattaché au Centre d’étude et du sport, dans «Le Temps».

La Coupe du monde, «exposition universelle des joueurs»

Même les joueurs qui ne changent pas de club profitent d'un tournoi réussi, en obtenant parfois des hausses vertigineuses de contrat. Citons Franck Ribéry, dont le contrat a été fortement revalorisé par l’Olympique de Marseille après sa belle Coupe du monde en 2006 (de 150 000 à 220 000 euros mensuels selon «L’Equipe Mag»). En 2010, Didier Primault, économiste au Centre de droit et d’économie du sport, affirmait dans une interview au «Monde» que la Coupe du monde est une «exposition universelle des joueurs». Sous-entendu: c’est une occasion unique pour eux de démontrer leur valeur devant un public plus large qu’à l’accoutumée.

Une remarque qui peut s’appliquer à toutes les grandes compétitions internationales de manière générale. Et qui explique pourquoi de telles sommes sont engagées pour s'attacher les services des nouvelles perles rares. Même lorsque l’une d’entre elles s’appelle Graziano Pellè.


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