La France est officiellement championne du monde jusqu’en décembre prochain et la Coupe du monde au Qatar mais un nouveau champion intercontinental pourra lui contester ce titre mercredi soir à Wembley. L’Italie, vainqueur de l’Euro, affronte l’Argentine, tenante de la Copa América, pour le compte de la Coupe des champions Conmebol-UEFA.

Cette «Finalissima», surnom officiel, se calque sur le modèle de l’ancien Trophée Artemio-Franchi, qui n’a connu que deux éditions, alors que le football business en était encore à ses balbutiements. En 1985, la France de Michel Platini avait battu l’Uruguay d’Enzo Francescoli (2-0) au Parc des Princes; en 1993, l’Argentine de Diego Maradona et Gabriel Batistuta était venue à bout du Danemark de Brian Laudrup et Peter Schmeichel à l’issue d’une séance de tirs au but (1-1, 5-4 t.à.b.), dans la station balnéaire de Mar del Plata.

Le Trophée Artemio-Franchi a ensuite disparu, pleuré par personne. En 1989 (Brésil bat Pays-Bas), 1998 (Allemagne bat Brésil) et 2013 (Espagne bat Uruguay), des rencontres ont opposé les champions en titre de deux continents dominants mais sans caractère officiel.

La Coupe des Confédérations enterrée

La Coupe des champions Conmebol-UEFA aura la valeur que joueurs et spectateurs lui verront mais c’est un trophée officiel, qui marque «l’aboutissement du partenariat de longue date qui existe entre l’UEFA et la Conmebol [la confédération sud-américaine], et servira de catalyseur pour le développement mondial du football – unissant les pays, les continents et les cultures», emphatise l’UEFA. Les deux confédérations ont signé pour trois éditions d’ici à 2028.

Cette initiative semble enterrer définitivement la Coupe des Confédérations, organisée par la FIFA entre 1997 et 2017. Il y eut huit éditions réunissant les champions des six fédérations internationales, le pays organisateur et le champion du monde. La FIFA avait repris en main la Coupe du roi Fahd, organisée en Arabie saoudite en 1992 et 1995, et offrait l’occasion au pays hôte de la Coupe du monde d’une répétition générale à un an de l’évènement.

Le succès sans lendemain du Mundialito

Aucun de ces formats n’a eu l’impact du Mundialito (le petit Mondial), organisé entre le 30 décembre 1980 et le 10 janvier 1981 en Uruguay. Alors que l’Uruguay est dirigée par une junte militaire et cherche à redorer son image, à l’instar de l’Argentine organisatrice du Mundial deux ans et demi plus tôt, la FIFA décide d’y organiser un tournoi réunissant les six pays champions du monde (Uruguay, Italie, Brésil, Angleterre, RFA et Argentine), afin de célébrer le cinquantenaire de la première Coupe du monde qui s’était déroulée à Montevideo en 1930.

Seule l’Angleterre est manquante, son championnat ne connaissant pas de trêve hivernale, et remplacée par les Pays-Bas, finalistes malheureux des deux dernières éditions. Dans un remake de la Coupe du monde 1950, l’Uruguay triomphe du Brésil 2-1 en finale. Le pays hôte se proclame «champion des champions» du monde, mais la FIFA décidera rétrospectivement de déclasser ce Mundialito – également connu sous le nom de Copa de Oro de campeones mundiales (Coupe d’or des champions du monde) – en tournoi amical, sans véritable justification.

A relire: La Coupe du monde des clubs, une valse à trois temps

La FIFA reporte aujourd’hui ses ambitions sur les clubs. Elle organise depuis 2005 un Mondial des clubs sur le modèle de la Coupe des confédérations, après un essai au Brésil en 2000. Le tournoi a remplacé l’ancienne Coupe intercontinentale créée en 1960, qui voyait s’affronter le champion d’Europe et d’Amérique du Sud. Il met aux prises les vainqueurs des Ligues des champions ou équivalent de chacune de ses six confédérations.

La compétition doit être prochainement élargie à 24 participants. La première édition devait se tenir il y a un an, mais elle a été reportée pour cause de crise sanitaire. Elle devrait se tenir en Chine, vraisemblablement en 2023, et réunir des équipes des six continents, afin de toucher des fans du monde entier et ainsi continuer d’exploiter de nouveaux territoires.