Tignasse blonde, sourire serein, Bernard Stamm a de toute évidence digéré ses déboires dans le Vendée Globe. Tout juste auréolé de son titre de recordman de la traversée de l'Atlantique en équipage et en monocoque (8 jours et 20 heures), réalisé le 6 février dernier, le plus Breton des navigateurs vaudois est de passage en Suisse pour remercier celles et ceux qui l'ont soutenu tout au long de la construction de son bateau.

«Mon métier, c'est naviguer»

Oubliée, l'avarie du pilote automatique qui l'a contraint à l'abandon, le 9 novembre, dans cette course autour du monde en solitaire sans escale ni assistance. Evanouie, la déception de voir s'envoler un rêve pour la concrétisation duquel il s'était démultiplié, depuis sa base de Lesconil, en Bretagne. «Pendant cette période, j'ai dû toucher à tous les métiers, a-t-il rappelé lors de la conférence de presse qu'il a tenue, mardi à Pully. J'ai même fini par savoir rechercher des sponsors, mais mal. Mon premier métier, c'est naviguer.»

La recherche de sponsors, précisément. A peine débarqué de son 60 pieds après un record épique (lire Le Temps du 7 février), Bernard Stamm a aussi mis le cap sur la Suisse dans l'espoir de trouver les partenaires qui lui manquent pour poursuivre son aventure: participer à différentes régates au printemps, puis à la Jacques Vabre, course en double entre Le Havre et Salvador de Bahia (Brésil), en novembre; ensuite se lancer en 2002 dans la Around Alone, course autour du monde avec escales, pour préparer ce qui demeure son objectif majeur: l'édition 2004 du Vendée Globe. Armor Lux, son actuel sponsor principal, a accepté de continuer à assurer un tiers des 750 000 francs suisses de budget de fonctionnement annuel du bateau. Mais le salut pourrait toutefois venir de Suisse. Une société romande a en effet pris contact avec le navigateur pour étudier avec lui la faisabilité d'un partenariat. «Cette société est une nouvelle venue dans le monde de la voile, laisse filtrer Bernard Stamm, et selon les premières indications, elle serait disposée à prendre en charge les deux tiers restants du budget de fonctionnement.» Un accord pourrait être finalisé dans les prochains jours.

«Avant le Vendée Globe, les gens savaient que j'étais motivé, mais doutaient de mes capacités à faire avancer le bateau, analyse le navigateur. Quant à ma méthode de construction, elle en a effrayé plus d'un. Pour ne rien arranger, j'ai dû travailler sur le voilier jusqu'au dernier moment, ce qui n'a pas favorisé une bonne couverture médiatique. Malgré cela, entre le début de la course et le record, j'ai senti les premières retombées en terme d'intérêt de la part de partenaires potentiels.»

Pas étonnant. Selon différents observateurs, les sociétés suisses sont de plus en plus sensibles au vecteur de communication que représente la voile, après avoir été longtemps frileuses (lire ci-dessous). L'exploit de Dominique Wavre dans ce même Vendée Globe semble y être pour beaucoup. «Ce serait dommage de ne pas en profiter», lance Bernard Stamm.