Trois semaines après avoir dû rapidement renoncer à Monte-Carlo, Marcus Grönholm (Peugeot 206 WRC) a une nouvelle fois été contraint à l'abandon vendredi matin dès la 3e spéciale du Rallye de Suède, deuxième épreuve du championnat du monde, à Karlstad. Avant d'aborder la saison, quelques semaines après son triomphe, le champion du monde finlandais n'imaginait pas un début aussi catastrophique. Peugeot non plus. A chaque fois, Grönholm était trahi par sa mécanique. Pompe à eau en Principauté, pastille de sablage en Suède, comme si le sort s'acharnait sur le pilote nordique après une année faste.

«C'est une plus grosse déception qu'au Monte-Carlo, lâchait Grönholm quelques heures après son abandon. Là, j'étais sûr de pouvoir gagner. Mais c'est comme ça. Qu'est-ce que vous voulez faire?» Pâle, le pilote paraissait abattu, lui qui nourrissait de gros espoirs sur la neige et la glace des routes des environs de Karlstad. Là même où, en 2000, il avait acquis la première victoire de sa carrière, la première d'une Peugeot 206, qui devait le mener au titre quelques mois plus tard.

Dès la 1re spéciale d'ailleurs, le Finlandais avait frappé un grand coup et devancé tous ses adversaires. Il semblait intouchable. Le champion du monde venait d'administrer une nouvelle preuve de sa supériorité, d'impressionner un peu plus ses adversaires. «J'avais pris un bon départ. J'étais d'autant plus confiant que je n'étais pas à 100%», indiquait Grönholm. Et puis, la panne. «J'ai ressenti la même chose qu'à Monte-Carlo. Enfin, presque pareil», disait-il.

Sous le coup de la déception, Marcus Grönholm ne pouvait s'empêcher d'afficher une certaine tristesse. Comme si ses chances de conserver la couronne mondiale venaient de s'envoler. «Le championnat? Cela semble mal parti. Pas un seul point, c'est dur», soufflait le pilote. Mais lorsqu'on lui rappelait que Richard Burns (Subaru Impreza) et Colin McRae (Ford Focus) risquaient également de garder leurs compteurs à zéro dimanche soir, les deux Britanniques ayant perdu tout espoir dans des touchettes dans les murs de neige, un sourire s'esquissait sur le visage du Finlandais. «C'est vrai, pour Burns et McRae, je pense que cela va être pareil, zéro point. Donc, tout est encore possible», notait Grönholm. «Encore faut-il trouver la raison pour laquelle cette panne arrive toujours sur ma voiture, poursuivait-il. Là, ce n'est pas la même. Après avoir examiné la voiture, c'est finalement la pastille de sablage qui a sauté.» Une pièce de fonderie du bloc moteur qui, en sautant, a provoqué une importante fuite d'eau, une surchauffe, et la casse du moteur.

Marcus Grönholm n'aura sans doute pas le temps de ruminer sa désillusion. Il va rapidement partir pour des essais au Portugal. «Il est prévu que j'y parte directement d'ici. Mais je passerai peut-être par chez moi», confiait Grönholm. Histoire de retrouver le moral en famille.

LT/AFP