Un jour de repos, c'est un jour de grande activité pour les médias. Pour une fois, les coureurs ouvrent leurs portes et se livrent davantage. Lundi, le seul spectacle des conférences de presse de Lance Armstrong et d'Alex Zülle traduit l'état d'esprit des protagonistes. D'un côté, l'Américain en maillot jaune affiche sérénité et décontraction face aux quelque 140 journalistes réunis. En moins de trois questions, le sort de l'étape du lendemain est réglé. «Ah bon, les Espagnols vont attaquer d'emblée? Nous réagirons selon la situation. Les décisions se prennent dans la course». Quelques minutes plus tard, le maillot jaune convient aussi que c'est «l'étape la plus difficile du Tour qui s'annonce».

Pour le reste, rien. Pas un mot sur ses adversaires. Tout ou presque porte sur Lance Armstrong, sa résurrection et les suspicions de dopage. «Je ne comprends pas ces rumeurs. Quand on a été face à face avec la mort, on ne peut être stupide. Mais, c'est exact, ces rumeurs sont dérangeantes». L'Américain avance un nouvel argument pour laver son honneur: «Vous savez comme les contrôles sont sévères en France: la fédération, les organisateurs de course, la police. Je vis en France, je cours en France, je m'entraîne en France. Croyez-vous que si j'avais quelque chose à cacher, je resterais ici?»

Sept heures plus tôt, à quelques roues de là, Alex Zülle, troisième au classement général, est gêné par les questions trop personnelles. Lui n'a de mots que pour la course du lendemain: «Avec moins de jours de courses dans les jambes qu'en 1995, je me sens plus frais. Tout reste possible. Je ne signerais pas pour une deuxième place parce que ce serait manquer de professionnalisme.» En le disant, le Saint-Gallois ne parvient pas à cacher qu'avec sept minutes de retard, son regard ne monte pas au-delà. Dommage, regrette son directeur sportif, Eusebio Unzue: «Alex est un garçon agréable. Un peu trop bon. Il ne critique jamais personne. Mais de temps en temps, pour être chef, il faut savoir taper sur la table.» Zülle osera-t-il le faire face à Armstrong sur la route de Piau-Engaly?

I. J.