Tennis

Pas dans son assiette, Stan Wawrinka est éliminé

Brillant la veille face à Gilles Simon, le Vaudois ne s’est pas donné les moyens mentalement de s’imposer face à Rafael Nadal

C’est constitutif du joueur qu’il est, de son parcours. Comme si Stan Wawrinka avait besoin de passer par ces matches-là pour, à d’autres moments, honorer son talent en sublimant son tennis et décrocher les plus belles victoires. Brillant jeudi face à Gilles Simon, le Vaudois rappelait pourquoi il est numéro 4 mondial et vainqueur de deux titres du Grand Chelem. La puissance de ses frappes, l’intelligence de sa tactique, l’efficacité de son revers et la qualité de ses amorties, tout parlait en sa faveur et laissait augurer le meilleur pour lui dans ce tournoi de Monte-Carlo qu’il avait remporté en 2014.

Mais il a suffi d’un grain de sable, d’un élément extérieur au tennis – dont on ne connaîtra pas la teneur – pour tuer les promesses de la plus belle affiche de ces quarts de finale monégasques. Le choc tant attendu entre un Rafael Nadal en retour de confiance et le champion de Roland Garros 2015 a tourné court. L’Espagnol, dont le coup droit lifté giclait à nouveau comme au bon vieux temps, a profité des errances de Stan Wawrinka pour s’imposer 6-1 6-4 en 1h18.

Des raisons qui lui appartiennent

«Je suis passé à côté de mon match. C’est parti trop vite et je n’ai pas su mettre mon jeu en place comme je le souhaitais. Et lui a su faire ce qu’il fallait pour gagner, analyse le Vaudois avec lucidité et sincérité. Pour des raisons qui m’appartiennent, je savais que ça allait être plus difficile aujourd’hui. Ce n’était pas un bon jour tout simplement. Il faut que je travaille sur deux ou trois points que j’ai envie d’améliorer dans les deux semaines qui viennent. Aujourd’hui le problème se situait plutôt au niveau de la concentration et du mental.»

Le brouhaha inadmissible des gens déjeunant à la terrasse du restaurant surplombant le court a ajouté à la déconcentration d’un Wawrinka pas dans son assiette. Il a demandé au juge arbitre de faire taire les impudents. En vain. «Cela fait partie de Monte Carlo. Normalement, on n’est pas trop dérangé mais quand on ne joue pas bien et qu’on n’est pas vraiment dans le match, c’est gênant. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai mal joué et perdu.»

La raison, on ne la connaîtra pas. Peu importe: il n’y a pas péril en son tennis. Loin de là. Le Vaudois sait au fond de lui qu’il avait dans sa raquette de quoi s’imposer. Même face à Rafael Nadal. «Maintenant, quand je perds en quart de finale, on considère que c’est un mauvais résultat. Mais si on joue contre Rafa sur terre battue en quart de finale d’un Master 1000, on a le droit de perdre. En ce qui me concerne, je vois beaucoup de positif dans ce tournoi. Si je peux m’appuyer sur ce positif, je peux m’améliorer pour les prochains tournois», insiste le numéro 4 mondial. Ses hauts et ses bas font partie intégrante du joueur qu’il est, capable à tout moment du meilleur. «Si je peux «faire du Stan», comme vous dites, comme les deux dernières années en gagnant des titres et des Grands Chelems, je signe. Vous dites: «du Stan», mais c’est ma carrière, c’est moi. Je pourrais dire beaucoup de choses, mais je préfère regarder vers l’avant.» Un avant forcément brillant. Il est comme ça, Wawrinka.

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