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Des données concernant Venus Williams ont été dévoilées par le groupe de hackers. (Charles Krupa)
© Charles Krupa

Dopage

Des athlètes américaines dans le viseur de hackers russes

Le groupe Fancy Bears' a piraté les serveurs de l’Agence mondiale antidopage et s’attaque à plusieurs sportives. Mais celles-ci bénéficiaient d’autorisations spéciales pour utiliser des substances prohibées

Pas si chics, les ours. Un groupe de hackers russe baptisé Fancy Bears’– se réclamant des Anonymous – est parvenu à pirater la base de données de l’Agence mondiale antidopage (AMA). «Nous avons été choqués par ce que nous avons vu. Nous allons vous dire comment les médailles olympiques sont gagées», promet sur son site web l’organisation également connue sous le nom de Tsar Team (APT28). Une première salve de documents a été publiée cette semaine. Mises en cause: la gymnaste Simone Biles (cinq médailles à Rio dont quatre d’or), la basketteuse Elena Delle Donne et les joueuses de tennis Serena et Venus Williams. Elles sont toutes américaines.

Les réactions n’ont pas tardé. «L’AMA regrette profondément cette situation et est consciente de la menace représentée pour les athlètes dont des informations confidentielles ont été divulguées par cet acte criminel», a insisté le directeur général de l’organisation Olivier Niggli dans un communiqué. L’Agence antidopage américaine a elle parlé d’un acte «lâche et méprisable», tandis que le CIO a condamné une attaque «destinée à souiller la réputation d’athlètes propres». L’organisation olympique a en outre confirmé que les sportives n’ont pas enfreint de règles antidopage lors des Jeux de Rio.

Autorisations à usage thérapeutique

Qu’en est-il alors? Les documents, faisant état des «analyses anormales», ne sont pas des faux. Mais les athlètes concernées bénéficiaient d’autorisations à usage thérapeutique et les contrôles effectués n’ont donc jamais été considérés comme positifs. «Dans chacun des cas, la sportive a agi correctement en suivant les règles pour obtenir la permission d’utiliser le traitement requis», a souligné Travis Tygart, patron de l’agence antidopage américaine.

Simone Biles, qui souffre d’un trouble de déficit de l’attention, n’a pas tardé à expliquer sa situation personnelle par le biais de son compte Twitter. «Je suis atteinte d’ADHD et je prends un traitement depuis que je suis petite. Je vous prie de savoir que je crois au sport propre, que j’ai toujours respecté les règles et que je continuerai à le faire.»

La réputation des athlètes est en jeu, mais ce piratage risque d’avoir des conséquences plus larges encore. Il peut «compromettre l’effort de la communauté mondiale antidopage pour rétablir une relation de confiance avec la Russie», a estimé Olivier Niggli. D’autant que les Fancy Bears’ promettent de ne pas en rester là. «Ce n’est que la pointe de l’iceberg. Le sport d’aujourd’hui est vraiment contaminé et le monde ne sait pas qu’un grand nombre d’Américains sont dopés. A suivre…»

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© JOHN MACDOUGALL