La saison en plein air d’athlétisme devait commencer cette semaine avec, le 17 avril à Doha, le premier des 15 meetings de la Diamond League. Sur le site officiel de World Athletics (la fédération internationale, ex-IAAF), Doha a été «reporté à une date ultérieure». Comme les quatre dates suivantes, prévues en Chine, en Suède, en Italie et au Maroc. Un compte à rebours fixe, ce lundi de Pâques, le coup de feu du starter dans 54 jours à Eugene, en Oregon. Un probable nouveau faux départ…

Lire aussi: Les Mondiaux d’athlétisme, au Qatar comme ailleurs?

«Nous sommes en train de refaire tout le calendrier», confie par téléphone Jacky Delapierre, l’organisateur du meeting de Lausanne. Proche de Sebastian Coe, le président de World Athletics, Delapierre est un incontournable de l’athlétisme mondial, réputé pour la qualité de son meeting et son habitude à jouer cartes sur table. Traditionnellement, Athletissima a lieu début juillet, sauf les années olympiques où il est reporté à la fin du mois d’août. C’est le cas en 2020, ce qui lui offre une quarantaine de jours de sursis. «Le meeting aura bien lieu le 20 août comme prévu, affirme Jacky Delapierre. Après, il reste encore à voir sous quelle forme…»

«Pas à huis clos»

Maintenir l’épreuve, alors que l’ouverture de la billetterie prévue le 21 avril a été repoussée, est acquis. «Les organisateurs des 15 dates de la Diamond League disent tous la même chose. Tout le monde veut repartir, mais chacun a sa propre vision, assure Delapierre. Oslo [l’un des meetings historiques, le 11 juin] veut garder sa date pour organiser quelque chose de différent, même dans un stade vide. Eugene voudrait se décaler tout à la fin du mois d’août et pense avoir assez d’athlètes, entre les Américains et les étrangers basés aux Etats-Unis, pour monter son plateau. Rabat serait d’accord pour venir mi-octobre, bien après la fin de saison prévue. Shanghai également. Avec Zurich [le meeting du Weltklasse, le plus important au monde, prévu le 11 septembre en apothéose de la Diamond League], nous sommes sur la même ligne: nous gardons nos dates et nous organisons quelque chose quoi qu’il arrive, mais pas à huis clos.»

Trois scénarios possibles

Quelque chose, mais quoi? Un meeting national? Une fête de l’athlétisme? Une soirée de charité? Peut-être un peu des trois. «La décision concernant Athletissima sera prise avant le 30 juin», annonce l’organisateur. D’ici là, World Athletics devra suivre un autre calendrier: celui des questions à trancher. «Il y a trois scénarios possibles pour la saison, explique Jacky Delapierre. Le plus optimiste voit une saison décalée mais complète avec les finales à Zurich. Ce calendrier-là doit être confirmé dans les quinze jours, d’ici à la fin d’avril. S’il ne l’est pas, un deuxième scénario un peu moins favorable – une Diamond League sans finales – aura jusqu’à la fin de mai pour être validé. S’il tombe à son tour, la saison se résumera alors à quelques meetings, sans Diamond League.»

Athletissima n’est pas Wimbledon, qui peut renoncer à une édition sans grand dommage. «Les contrats vont bien sûr être revus à la baisse, mais il est important pour nous de garder le lien avec nos sponsors, de leur offrir tout de même un événement. Maintenir ce contact nous préoccupe plus que l’avenir du meeting, qui survivrait à une annulation. Nous n’avons pas encore engagé de grosses dépenses et, surtout, nous avons bien fait les choses. La structure emploie quatre pleins-temps et deux stagiaires, pour environ 450 000 francs de masse salariale, charges comprises. Nous avons droit à des aides, les employés télétravaillent, ils sont payés. Nous avons parfois été un peu «chiants», mais aujourd’hui, tout le monde est content.»