A la manière d'un Lance Armstrong, attaqué de toutes parts dans la montagne, Michael Schumacher garde son calme et limite les écarts dans sa course au titre mondial. Comme l'Américain, la vedette de l'écurie Ferrari est cernée par ses ennemis. Pire encore, ses rivaux ne semblent plus avoir le moindre complexe. Hier, à Silverstone, le champion du monde en titre a dû se contenter de la quatrième place à l'arrivée du GP de Grande-Bretagne, après avoir produit une course erratique et cédé un nouveau point à Kimi Raikkonen, son rival le plus dangereux et pour l'instant le plus proche au classement. Par chance pour l'écurie Ferrari, Rubens Barrichello était en état de grâce. Rien ne lui a résisté. La victoire a pourtant failli lui échapper dès le départ, puisque le Brésilien a raté son envol de la pole position.

Jarno Trulli en a profité pour se mettre en évidence et confirmer que l'écurie Renault ne cesse de progresser. Le petit Italien tenait tête à la McLaren-Mercedes de Kimi Raikkonen. C'était avant que deux neutralisations ne ruinent ses efforts. La première pour enlever un débris de la McLaren de Coulthard tombé sur la piste, la seconde pour évacuer un fou courant à la rencontre des monoplaces lancées à plus de 250 km/h!

Cet incident a dynamité la course. Dans un bel ensemble, tous les pilotes se sont rués dans les stands afin d'opérer un ravitaillement anticipé. Pour une fois, c'est Rubens Barrichello, mieux placé, qui a eu la priorité. Schumacher a été prié d'attendre. De retour en piste, l'Allemand s'est retrouvé empêtré dans le peloton et dans l'incapacité de s'en extraire avec son efficacité habituelle. Juan Pablo Montoya, rompu à ce genre d'exercice grâce à son passé dans les courses américaines, s'en est mieux sorti. Il est revenu plus vite vers l'avant de la course, où bataillaient toujours Rubens Barrichello, Kimi Raikkonen, Jarno Trulli, Ralf Schumacher et, à la surprise générale, les Toyota de Cristiano da Matta et d'Olivier Panis. Les monoplaces japonaises ont profité d'un parfait timing lors de leurs arrêts au stand.

Ce n'est qu'à partir de la mi-course et après le deuxième arrêt au stand que les choses sont revenues dans l'ordre, ou presque. Ralf Schumacher n'a pu gagner à cause d'un arrêt imprévu pour retirer un débris incrusté dans un radiateur. Son frère s'est vu est obligé de sortir la grande attaque pour revenir vers l'avant. Ce n'est que dans la dernière partie de la course qu'il a entrevu la possibilité de marquer quelques points. Si Rubens Barrichello a survolé les débats et s'est offert de somptueux dépassements pour revenir au commandement, Raikkonen a dû s'incliner, et même défendre chèrement sa deuxième place. En vain: l'étrange comportement de sa monoplace l'a contraint à laisser passer Montoya en fin de course. Et comme Michael Schumacher est revenu quatrième, le jeune Finlandais n'a pas réussi la bonne opération qu'il espérait en début de course.

Au final, Raikkonen ne grignote qu'un point à Michael Schumacher. Le cadet de la famille, lui, est reparti bredouille et a même cédé sa troisième place au classement à son équipier Juan Pablo Montoya. Rubens Barrichello, pour sa part, fait une excellente opération en décrochant les dix points de la victoire. A cinq épreuves de la fin du championnat, cinq pilotes – les frères Schumacher, Raikkonen, Montoya et Barrichello – peuvent prétendre au titre!