Aux Masters 1000 de Madrid, le public vibre pour le retour sur terre battue de Roger Federer et les adieux à la compétition de David Ferrer. Mais il faut rendre à César ce qui lui appartient: l’Espagne et l’ocre sont les royaumes de Rafael Nadal et c’est bien lui, le Majorquin, 11 fois vainqueur de Roland-Garros, recordman du nombre de victoires à la Caja Magica (cinq) que les gens viennent applaudir en tout premier lieu.

Malade ce week-end, il n’est entré en lice que ce mercredi, et l’événement transforme le temple du tennis madrilène en une véritable fourmilière. Il y a davantage de monde dans les allées commerciales, aux comptoirs des échoppes de restauration rapide et, bien sûr, autour des terrains. De quoi profiter à tous ceux qui jouent par ailleurs.

Le matin, la foule est si dense autour du court numéro 7 où la star du jour s’échauffe que les lève-tard se rabattent sur les autres terrains annexes pour voir un peu de tennis. Grosse ambiance à midi pour le duel entre l’Allemand Philipp Kohlschreiber et l’Américain Frances Tiafoe, mais aussi pour deux doubles féminins sans grand nom du circuit…

Dans le stade numéro 3

Rafael Nadal est programmé à 16 heures sur le central. En attendant, ils sont 2500 à venir s’entasser dans le stade numéro 3 (qui ne porte pas de nom plus ronflant) pour le match entre Stan Wawrinka et Guido Pella. L’affrontement s’annonce passionnant, entre le Vaudois vainqueur convainquant mais un peu trop facile lors de son entrée en lice, et un Argentin de 28 ans qui réussit le meilleur début de saison de sa carrière et pointe au 26e rang mondial. Un spécialiste de la terre battue, aussi, qui doit offrir à son adversaire un premier vrai test.

Les spectateurs n’ont pas à regretter le détour, tant la partie se révèle intense. Stan Wawrinka s’impose sur un score assez net (6-3 6-4) qui traduit imparfaitement le combat mené. Très inspiré au premier set malgré la pugnacité de son opposant, il semble devoir filer vers une victoire aisée mais la seconde manche est beaucoup plus pénible. Il sauve deux balles de break (à 0-1 puis 3-4) avant de réussir à passer l’épaule, au bout d’un dernier jeu en chassé-croisé, à l’image de la rencontre.

«Ça a été un très bon match, d’un excellent niveau général, contre un adversaire qui est actuellement en bonne forme: c’est exactement ce dont j’ai besoin en ce moment, commente l’ancien numéro 3 mondial à sa sortie du court. J’ai essayé de dicter le rythme, de ne pas le laisser poser son jeu et le résultat c’est que j’ai souvent dominé du fond de court, et j’ai gagné la rencontre en deux sets. Il y a de quoi être satisfait.» Au prochain tour, il affrontera le Japonais Kei Nishikori, 7e au classement ATP, encore un autre calibre. Ceci, lui aussi, en attendant Nadal, en quarts de finale…

Démonstration de Belinda Bencic

Pour le public, l’attente s’achève. Il est l’heure pour le Majorquin d’entrer sur le court central. D’un coup, il y a moins de monde sur les courts annexes, dans les entrailles de la Caja Magica et sur les autres courts. C’est à ce moment précis que Belinda Bencic entame sa partie dans le stade numéro 3, et l’ambiance n’est plus la même que pour le match de Stan Wawrinka. La foule a laissé la place à une petite centaine de spectateurs; la ferveur et les applaudissements au silence et au sifflement du vent; la confrontation acharnée à une démonstration pure et simple. La Saint-Galloise de 22 ans balaie l’Ukrainienne Kateryna Kozlova 6-0 6-2 pour filer en quarts de finale.

Pendant ce temps, sur le central, Rafael Nadal domine sans trop de problèmes le jeune Canadien Félix Auger-Aliassime (6-3 6-3). Les Madrilènes se réjouissent déjà de son prochain match. Ceux qui joueront en parallèle, un peu moins.