La détente dans la caravane est perceptible. Dimanche, Lance Armstrong, le maillot jaune du Tour de France, s'est essayé au français. Un détail qui ne trompe pas. Pour que ses propos ne soient pas mal interprétés par les journalistes, notamment lorsqu'il s'agit du dopage. Le sujet l'agace: «Je ne l'aborderai qu'aujourd'hui, a-t-il déclaré après sa victoire du Puy-du-Fou. Ma position est qu'il y a dans le vélo un problème comme il en existe en politique ou en économie. Il faut tenter de le résoudre pour que le cyclisme redevienne ce sport que tout le monde aime.» A un journaliste qui lui demandait si lui aussi avait recours à des produits interdits, il a répondu: «Après avoir lutté comme j'ai dû le faire pour vaincre la maladie, croyez-vous que je mettrais ma vie en danger comme cela?»

Un autre fait a contribué à détendre l'atmosphère, les résultats des contrôles sanguins de samedi: les 180 coureurs du peloton ont été déclarés aptes à «pratiquer leur travail». Reste que le doute a plané. Le communiqué des instances médicales de l'Union cycliste internationale est arrivé trois heures plus tard que prévu. Un vide durant lequel les rumeurs ont enflé, colportant qu'un, voire deux coureurs, avaient été exclus en raison d'un taux d'hématocrite trop élevé.

Ce rapport médical était prévisible. Car l'Union cycliste internationale et les organisateurs avaient annoncé leur projet. Néanmoins, il permet d'espérer un peu. Espérer que les coureurs ont pris conscience de leurs responsabilités. Reste que les traumatismes du dopage sont profonds. Et même si le Tour a débuté sans scandale, l'épée de Damoclès est toujours au-dessus d'un peloton auquel aucun faux pas ne sera pardonné.