Dans la course à la préparation de l’Euro 2012, le bon élève polonais bat le cancre ukrainien à plates coutures. Un signe irréfutable: 13 des 16 équipes qualifiées établiront leur camp de base en Pologne, où elles supputent que les conditions d’installation seront meilleures.

C’est aussi à Varsovie que se jouera, le 8 juin, le match d’ouverture Pologne-Grèce dans le Stade national. Cette enceinte flambant neuve est un symbole parmi d’autres des gigantesques investissements réalisés pour mettre les infrastructures à niveau. Aéroports, autoroutes, chemin de fer, stades: les dépenses ont été chiffrées à près de 25 milliards d’euros sur la période 2008-2012 (1,3% de contribution annuelle au Produit intérieur brut), financées sur des deniers publics et par l’apport des fonds européens.

Une aubaine de plus pour cette économie déjà bien portante. La solidité de son système financier et la capacité à dévaluer le zloty pour soutenir les exportations ont maintenu la Pologne à l’abri des crises économiques chroniques de ces dernières années. «Depuis 2007, elle a enregistré la plus forte croissance de tous les pays de l’OCDE», rappelle Urszula Szczerbowicz, économiste au Cepii, à Paris. Après avoir atteint 4,3% en 2011, la croissance restera à 2,7%, la plus vigoureuse en Europe, selon Bruxelles. La modernisation des infrastructures est gage d’une attractivité renforcée à long terme, estime les Polonais, qui lorgnent aussi bien sur les investisseurs que sur les touristes étrangers. «Le plus grand investissement de l’Euro 2012 […] c’est l’investissement dans la marque Pologne et sa réputation parmi les centaines de millions de téléspectateurs et parmi les centaines de milliers de personnes qui vont venir ici», s’est ainsi récemment félicité le premier ministre polonais Donald Tusk. A plus court terme, l’Euro engendrerait de 50 000 à 60 000 nouveaux emplois, d’après les autorités, qui espèrent accueillir 1 million de visiteurs additionnels, dont les dépenses culmineraient à 1 milliard d’euros, selon les plus optimistes.

Il y a une ombre au tableau. A dix jours du coup d’envoi, l’enthousiasme débridé de nombreux Polonais n’est pas partagé par tous: d’après l’AFP, un récent sondage indique que 49% de leurs concitoyens attendent la compétition dans la plus totale indifférence.