Le Lausanne Hockey Club a voulu changer de tête, mais le lifting a-t-il pris? Riccardo Fuhrer a renfilé le costume d'entraîneur des Vaudois le 6 novembre dernier, en lieu et place de Mike McParland, remercié pour insuffisance de résultats. Un peu plus de deux mois plus tard, un constat s'impose: l'indice de santé du LHC n'a pas pris l'ascenseur. Empêtré à la 11e place de Ligue nationale A, avec un retard de huit points sur le 8e et dernier rang qualificatif pour les play-off, le club de Malley ne décolle pas. Et avant les matches du week-end – réception d'Ambri ce soir, déplacement à Bâle dimanche –, la situation est pour le moins préoccupante.

Deux bilans, un échec

Le licenciement de McParland peut difficilement être rangé au rayon des mauvais choix. Outre la faiblesse du spectacle proposé, le Canadien présentait un bilan comptable peu réjouissant: 17 matches, 13 points, 46 buts marqués, 57 encaissés. Mais l'engagement de Fuhrer doit-il être considéré comme une solution idoine pour autant? Sous la férule de ce dernier, dont le seul contrat pour la saison prochaine se résume à une promesse verbale du directeur administratif Pierre Hegg, les Vaudois n'ont en effet pas fait preuve d'une fulgurante efficacité: 16 matches, 11 points, 36 buts pour, 57 contre. En clair, le bilan respectif des deux mentors sera, au mieux, équivalent… si le LHC s'impose par 10 buts à 0, ce soir, face à des Tessinois qui viennent de passer Davos à la moulinette (5-1).

«Avec les moyens du bord»

Les Lausannois restent de surcroît sur une série inquiétante de cinq défaites. Bref, le tableau vire au noir en ce début d'année. «J'ai d'abord obtenu 11 points en autant de matches, avant que mon équipe ne soit décimée par les blessures, début décembre, se défend Riccardo Fuhrer. Certaines formations peuvent gérer les absences. Nous, nous avons besoin d'évoluer au complet pour faire de grandes choses. Et puis je tiens à signaler que je fais avec les moyens du bord, que je n'ai pas eu le loisir de choisir avec quel contingent j'allais travailler.»

«Don Riccardo» a fait des pieds et des mains pour se retrouver derrière la bande à Malley. Sa manière de souligner le travail accompli par son prédécesseur et le manager Ueli Schwarz, qui a démissionné depuis, est d'une rare élégance. Et cette façon de mettre en doute la qualité de ses ouailles n'est peut-être pas de nature à leur redonner la confiance qui leur fait si cruellement défaut. «Il faut continuer à bosser, à donner le meilleur de nous-mêmes, reprend le coach, plus positif. Notre problème est davantage mental que physique. La situation n'est certes pas confortable, mais si l'un d'entre nous cesse d'y croire, ce sera râpé.»

Une rumeur pernicieuse

Au sein d'un vestiaire qui, privé de match depuis le 2 janvier dernier, a eu le temps de réfléchir, les joueurs tiennent un discours officiel et unanime, qui résonne ainsi: «Nous avons mis les choses à plat ces derniers jours, nous tirons tous à la même corde et nous visons toujours une participation aux play-off pour le titre.» Plus pernicieuse, la rumeur fait état d'une ambiance morose, de dissensions crasses.

«Le seul véritable médicament, c'est la victoire», résume Fuhrer. Tout le monde espère, à Malley, qu'un succès viendra égayer le quotidien dès ce soir face à Ambri.