Gagner aux Iles Féroé: la tâche n’est pas si facile que ça. Les footballeurs insulaires sont fiers. Solidaires. Combatifs. Encouragés par un public qui ne leur tient pas rigueur d’un score défavorable. A leurs qualités intrinsèques s’ajoutent les caractéristiques du lieu. Un terrain synthétique calmant les ardeurs offensives. Un monde où, à cette saison, il ne fait jamais vraiment nuit. L’équipe de Suisse devait digérer tout cela, ce vendredi, pour s’imposer. Elle l’a fait, tranquillement. Une victoire 2-0 qui traduit une approche extrêmement professionnelle de l’échéance. «Nous savions qu’il faudrait se montrer patients. Dans la tête, nous avons livré un match de grande qualité», se réjouissait Johan Djourou au micro de la RTS à la fin de la rencontre.

Six matches, six victoires

Dans le groupe B des éliminatoires pour la Coupe du monde 2018, la Nati poursuit son sans-faute. Six matches. Six victoires. Forcément, elle pointe en tête du classement – plus de la moitié du chemin derrière elle. Il lui reste quatre rencontres à bien négocier pour obtenir son ticket pour la Russie; elle n’aurait pu mieux se profiler. La performance est remarquable.

Il y a une semaine, les hommes de Vladimir Petkovic avaient battu la Biélorussie au bénéfice d’un éclair de génie de Xherdan Shaqiri. A part sa frappe merveilleuse en pleine lucarne? Pas grand-chose. Aux Iles Féroé, le bilan est différent. La victoire à peine plus large, mais le constat tout autre. La Nati a maîtrisé son sujet de A à Z. A la mi-temps, les Suisses avaient tiré seize fois au but. Leurs adversaires? Aucune. La possession de la balle? 75% à 25%. Et grâce à Granit Xhaka, auteur d’une belle frappe du gauche croisée, le score était déjà de 1-0.

Deux assists de Dzemaili

Jamais les footballeurs insulaires n’ont semblé en mesure de revenir. Pour assurer le coup, Xherdan Shaqiri a doublé la mise à la 59e minute de jeu. A l’origine de l’action, Blerim Dzemaili, qui avait su doser son ouverture pour l’attaquant de poche de Stoke City. C’était déjà lui qui avait signé la passe décisive sur l’ouverture du score de Granit Xhaka. A peine revenu en Europe après ses premiers matches en Major League Soccer avec l’Impact de Montréal, le demi offensif a montré à ceux qui se permettaient d’en douter qu’il était parfaitement dans le rythme.

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Solide, l’équipe de Suisse a offert des conditions idéales à Manuel Akanji pour sa première sélection – et sa première titularisation – en équipe nationale. Le jeune défenseur central du FC Bâle a livré une performance solide. Il aurait même pu s’offrir un départ en fanfare en ouvrant la marque en première mi-temps, mais son coup de tête n’a trouvé que la barre transversale.

Les vacances, enfin

Pour les footballeurs de l’équipe de Suisse, les vacances arrivent enfin. Ils s’offrent le luxe de les aborder l’esprit léger; à la rentrée, ils devront encore assumer leur statut de favori contre la Lettonie, Andorre et la Hongrie. Si tout se passe aussi bien que ce à quoi la Nati a habitué ses supporters depuis l’automne 2016, elle se rendra en octobre prochain au Portugal pour la finale du groupe B des éliminatoires avec, en jeu, la qualification directe pour le Mondial 2018.