Il y a les jours où les succès s’enchaînent comme dans un rêve… et puis il y a les autres. Ce mercredi en Chine, la délégation suisse a vu s’évanouir de nombreux espoirs de succès olympiques. Alors que la nuit tombait sur Pékin 2022, le butin helvétique n’avait pas bougé depuis la veille et affichait toujours dix médailles (cinq d’or, cinq de bronze). Sur la neige, sur la glace, dans les airs, il s’en est souvent fallu de quelques centimètres ou de quelques fractions de seconde seulement pour que plusieurs athlètes ne montent sur le podium. Passage en revue.

Slopestyle (hommes)

Andri Ragettli abordait l’épreuve avec beaucoup d’ambition. Champion du monde en titre, vainqueur de la dernière édition des X Games, le Grison de 23 ans avait de surcroît à cœur de laver l’affront de Pyeongchang 2018, où il était resté loin de son meilleur niveau. Dans la station chinoise de Zhangjiakou comme il y a quatre ans en Corée du Sud, il a terminé en tête des qualifications. En finale, son meilleur run fut un peu moins bon et, surtout, ceux des Américains Alexander Hall et Nicholas Goepper ainsi que du Suédois Jesper Tjader furent meilleurs. Andri Ragettli offrait à la Suisse sa première médaille en chocolat de la journée. Sa réaction: «Une quatrième place est forcément décevante, mais je reste fier de ce que j’ai fait ces derniers jours. Je n’oublie pas que je me suis blessé il y a onze mois et que j’ai dû lutter pour revenir.»

Aerials (hommes)

Le skieur acrobatique Pirmin Werner avait été brillant lors de l’épreuve de saut par équipes mixtes, portant la Suisse en finale, échouant de justesse à lui offrir une médaille de bronze. A 22 ans, le Schaffhousois flirte avec le podium lors de presque toutes les compétitions où il s’aligne et il avait de bonnes raisons de croire en ses chances à Zhangjiakou. Surtout qu’en finale de l’épreuve individuelle plusieurs autres concurrents sont restés en deçà de leurs capacités, pliant les genoux, écartant les jambes ou se réceptionnant difficilement, toutes ces petites imprécisions qui font baisser les notes des juges. Malheureusement, son saut non plus ne fut pas parfait. Pour quelques points de rien du tout, il est resté au pied du podium. Sa réaction: «Deux quatrièmes places lors de mes premiers Jeux olympiques… Forcément, je suis très déçu pour l’instant. Mais je pense qu’assez rapidement je me dirai que ce n’est pas si mal et je travaillerai fort pour faire mieux à Milan et Cortina d’Ampezzo en 2026.»

Hockey (femmes)

En hockey sur glace féminin, pour peu que l’on ne dispose pas d’un passeport canadien ou américain, il n’y a guère qu’une médaille dont on peut rêver aux Jeux olympiques: celle de bronze. L’équipe de Suisse s’est pris une claque dimanche en demi-finale contre la sélection à la feuille d’érable (10-3) mais c’était dans l’ordre des choses. La réussite du tournoi allait se jouer lors du match pour la troisième place, contre une Finlande dont les protégées de Colin Muller avaient disposé au premier tour (3-2). Mais la vérité d’une rencontre n’est pas celle de la suivante. Les Scandinaves se sont montrées plus solides et (un peu) plus inspirées devant la cage adverse, empêchant de décrocher une deuxième médaille après celle de 2014. Score final: 4-0. La réaction de Sarah Forster (auprès de la RTS): «On attendait cette rencontre avec impatience, elle s’est jouée sur des détails, pas en notre faveur. Je ne crois pas que la Finlande était trop forte, mais nous n’avons pas su la mettre en danger. J’ai confiance en l’avenir: une nouvelle génération prometteuse est en train de faire ses armes!»

Et sinon?

Au-delà des trois médailles en chocolat, plusieurs échecs ont émaillé ce sombre mercredi olympique pour les athlètes suisses masculins. En slalom, Loïc Meillard et Daniel Yule ont respectivement terminé 5e et 6e, à 0''10 et 0''16 du podium. En curling, le CC Genève s’est incliné contre la Chine et a vu disparaître ses chances d’accéder aux demi-finales. En hockey sur glace, la sélection de Patrick Fischer a subi la loi de la Finlande en quarts de finale (5-1). Pour eux aussi, les JO se terminent sur une note amère.