A Rio, il ne restera presque plus rien de l’équipe de Suisse de tennis. Des six sélectionnés par Séverin Lüthi, seules Timea Bacsinszky et Martina Hingis participeront aux Jeux olympiques. L’abandon mardi de Stan Wawrinka, pour cause de «douleurs progressives» au dos ressenties durant le tournoi de Toronto, est venu s’ajouter à ceux de Roger Federer et Belinda Bencic. Quant à Viktorija Golubic, qui remplaçait Xenia Koll dans l’optique de jouer en double avec Bacsinszky, elle a été victime du remaniement de l’équipe de Suisse après l’abandon de Bencic. Autant de forfaits qui ne seront pas compensés. Les deux Suissesses devront donc assumer seules les espoirs de médailles helvétiques.

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Une lourde responsabilité pour ces deux joueuses revenues de loin: toutes deux ont en commun d’avoir quitté le circuit à un moment de leur carrière. Minée par des défaites à répétition en finale à Rolland-Garros (1997 et 1999), l’US Open (1998 et 1999) ainsi qu’à l’Open d’Australie (2000, 2001 et 2002), Martina Hingis prend sa retraite anticipée en février 2003, à la suite de plusieurs blessures au pied. Après un court retour entre 2006 et 2007, la native de Kosice (Slovaquie) est contrôlée positive à la cocaïne et décide d’arrêter une nouvelle fois sa carrière. La Suissesse ne foulera à nouveau les courts qu’en 2013, pour se consacrer uniquement aux doubles.

De la 285e place au top 15 en trois ans

2013, c'est aussi l’année où Timea Bacsinszky s’est éloignée du circuit. La Vaudoise, tombée cette année-là à la 285e place du classement WTA, tente d’intégrer le monde de l’hôtellerie. Elle se met à travailler dans des hôtels, des restaurants, des bars et des cuisines. C’est alors qu’elle est sélectionnée pour le tournoi de qualification à Roland-Garros. Un véritable tournant. Malgré une élimination précoce au premier tour, Bacsinszky décide de reprendre le fil de sa carrière, arrêtée huit mois plus tôt. C’est en ce sens qu’elle prend contact avec l’ancien entraîneur de Stan Wawrinka, Dimitri Zavialoff. Une remontée fantastique plus tard, elle se retrouve désormais 15e mondiale.

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Malgré leurs parcours sinueux, les deux femmes inspirent la confiance dans leur camp. «Timea a prouvé qu’elle pouvait atteindre les demi-finales en simple et donc se battre pour une médaille. Quant à Martina, elle n’a plus besoin de faire ses preuves», a déclaré le président de Swiss Tennis, René Stammbach.

Il faut dire qu’elles possèdent de sérieuses garanties. Triple vainqueur de l’Open d’Australie (1997, 1998 et 1999), de l’US Open (1997) et de Wimbledon (1997), Martina Hingis a été numéro 1 mondiale en 1997, à seulement 16 ans. Une position qu’elle a également occupée en 1999 et en 2000. Aujourd’hui, elle a encore de beaux restes puisqu’elle pointe en tête du classement mondial en doubles.

De son côté, Timea Bacsinszky ne compte aucun tournoi du Grand Chelem à son palmarès (sa meilleure performance remonte à 2015, lorsqu’elle avait atteint les demi-finales de Roland-Garros), mais fait tout de même partie du top 15 mondial depuis plus d’un an. Même si elles n’ont jamais joué ensemble en double jusqu’à présent, les deux Suissesses ont suffisamment d'atomes crochus pour que leur complicité puisse permettre d'entretenir les espoirs de gloire olympique.