En football, les entraîneurs redoutent les «semaines anglaises» de trois matches, qui mettent les organismes de leurs joueurs à rude épreuve. En hockey sur glace, ils ne s’émeuvent pas de devoir en enchaîner sept en dix jours, comme c’est le cas pour l’équipe de Suisse aux Championnats du monde, qui se déroulent au Danemark.

Entre les coups d’envoi de ses rencontres gagnées contre l’Autriche, samedi à 12h15, et la Slovaquie, dimanche à 20h15, il ne s’est écoulé que trente-deux heures. C’était encore une demi-journée de plus qu’entre celle qu’elle disputera ce mardi à 20h15 contre la République tchèque et la suivante, mercredi à 16h15 contre la Biélorussie. Elle sera encore de sortie samedi et dimanche soir (les deux fois à 20h15) puis aura un jour de repos avant de conclure son premier tour mardi 15 mai. Et, peut-être, d’enchaîner avec les quarts de finale (le 17), les demis (le 19) et la finale (le 20).

Un menu riche

Les vainqueurs de la Coupe du monde de football en Russie, cet été, auront disputé sept matches en 31 jours. Ceux du Mondial de hockey en auront joué trois de plus en deux fois moins de temps. C’est une particularité d’un sport boulimique d’affrontements dans toutes ses compétitions. Avant d’arriver au Danemark avec l’équipe de Suisse, Gregory Hofmann (qui a atteint la finale des play-off du championnat national avec Lugano) avait joué 71 parties cette saison…

Et encore: ses statistiques restent éloignées des standards en vigueur outre-Atlantique. Pour sa première saison en NHL, le Haut-Valaisan Nico Hischier a joué 87 matches. Dans ce contexte, les New Jersey Devils ne l’ont pas autorisé à rejoindre l’équipe de Suisse. «Je sens que j’ai vraiment besoin d’une pause», a commenté le jeune homme de 19 ans.

Pour certains hockeyeurs, les Mondiaux annuels sont comme la mignardise de trop au bout d’un menu trop riche. Mais beaucoup les abordent avec appétit. Au Danemark, Patrick Fischer s’appuie sur un contingent solide, beaucoup plus qu’il ne l’était en février aux JO de Pyeongchang grâce à plusieurs joueurs de NHL (Niederreiter, Berra, Andrighetto). Pour faire mieux qu’en Corée du Sud (huitièmes de finale), le sélectionneur devra bien gérer son turnover et les plages de récupération de ses hommes.