HOCKEY SUR GLACE

Il avait relancé Genève Servette, le voilà champion de NHL

Philip Anschutz, dont le groupe AEG est un des leaders mondiaux du divertissement, est propriétaire de la franchise de NHL de Los Angeles, qui a soulevé sa première Coupe Stanley

La Coupe Stanley, le plus vieux trophée du sport professionnel, est devenue une propriété californienne, pour un an du moins. Los Angeles se l’est adjugée contre New Jersey, remportant (4-2) la finale du championnat de hockey nord-américain (NHL).

Couronnant joueurs, coaches, entourage, ce succès consacre surtout un milliardaire loin d’être méconnu. En 2001, son identité avait même émergé dans le paysage du hockey helvétique: c’est en effet sous l’impulsion de Philip Anschutz que Chris McSorley a été «transféré» des London Knights à Genève-Servette. L’organisation des Vernets intégrait alors le giron du riche Américain. Dans la Tribune de Genève du 13 janvier 2003, il est possible de retrouver trace d’un séjour dans la Cité de Calvin: «Dans le vestiaire, Chris McSorley plonge dans son petit frigo et sort une bouteille de champagne. […] Le Canadien raconte que Philip Anschutz himself la lui avait offerte avant le match.» Ce week-end-là, Genève- Servette avait perdu à Fribourg, avant de se racheter contre Lausanne. Une autre époque.

Il n’aime pas la lumière

Depuis, le groupe AEG, pour Anschutz Entertainment Group, s’est retiré de l’organisation «grenat» (c’était en 2005), constatant la difficulté d’en tirer des bénéfices. Chris McSorley, lui, a poursuivi l’aventure, trouvant en Hugh Quennec un précieux compagnon. Philip Anschutz, lui, n’a pas tiré un trait sur toutes ses affaires.

«Quand les Los Angeles Kings ont soulevé la Coupe Stanley, le plus grand vainqueur n’avait pas de patin, et les joueurs ont dû l’entraîner sur la glace pour lui confier le trophée», écrit le magazine canadien Macleans sur son site internet. C’est que le milliardaire n’affectionne guère la lumière. Dans la discrétion pourtant, il a bâti un empire tentaculaire; gisements de pétrole qui ont servi de base à sa fortune, lignes ferroviaires, complexes hôteliers, entreprises de croisière, stades, chaînes de télévision ou de cinéma, journaux, organisations promotionnelles. «Si vous avez récemment vu, ou acheté des tickets pour un concert de Justin Bieber, Bon Jovi, les Black Eyed Peas, Leonard Cohen, Pink ou Paul McCart­ney, vous avez mis de l’argent dans la poche de Philip Anschutz», écrit Macleans. L’homme était lié en affaires avec Michael Jackson. Si ­David Beckham joue en Amérique du Nord, c’est grâce à lui (il est propriétaire du Galaxy de Los Angeles). Le Staples Center (où se donnent en spectacle les Kings, mais aussi les Lakers et les Clippers, en NBA, le championnat de basket, notamment) lui appartient aussi; ses 37 hectares accueillent plus de 250 événements chaque année.

Une pénalité fatale

Un coup d’œil au classement de référence Forbes permet de constater que Philip Anschutz est classé à la 47e position des fortunes états-uniennes. Etabli au Colorado, il entretient des convictions fondamentalistes chrétiennes, et finance le Parti républicain; il incarne donc les valeurs de la droite américaine.

Et Los Angeles (qu’il a repris en 1995) lui doit de soulever sa première Coupe Stanley depuis la création de la franchise en 1967. C’est seulement la deuxième fois que le trophée rallie la Californie (après 2007 et la conquête d’Anaheim). Lors de l’ultime acte, le suspense n’a pas duré. A la 11e minute, l’attaquant de New Jersey Steve Bernier était renvoyé au vestiaire pour une violente charge par-derrière, contre la bande. Sa pénalité débouchait sur une marge de trois buts. Elle ne fondrait plus.

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