C’est une époque de Caravelle, d’aéroports pas encore retranchés, de destinations exotiques collées sur des valises à bouts carrés, de photos couleur sépia, de zones fumeurs illimitées et de rapports tapés sur des machines à écrire portables. C’est une époque aventureuse où le chronométrage sportif vaut passeport pour une poignée de Suisses dans les stades du monde entier. Mi-techniciens mi-explorateurs, ils défrichaient alors les horizons d’un monde nouveau: le marketing sportif dans l’horlogerie.

Les rapports entre le sport, le marketing et l’industrie horlogère sont plus anciens (ils naissent avec les premiers rallyes automobiles au début du XXe siècle) mais, dans les années 1970, ils tissent des liens qui ne se déferont plus. C’est aussi une aventure humaine, une histoire de passions, de rencontres et d’idées. «C’est l’une des périodes les plus enrichissantes de ma vie», se souvient Marc Biver, qui commença sa carrière chez Omega et qui relate ces années dans un livre de souvenirs publié fin 2020. Le pionnier suisse du management d’athlètes (Zurbriggen, Rominger, Cologna), visita «quasiment tous les grands événements sportifs de la fin des années septante». Les Jeux olympiques, bien sûr, mais aussi les Jeux panaméricains à Porto Rico, les Jeux nationaux chinois à Pékin, le Tour de Libye cycliste ou les Jeux africains d’Alger. «Nous étions partout extrêmement bien reçus.»