Football

Bâle champion, la révolution n'a pas eu lieu

L'effectif rhénan paraissait plus faible et la concurrence plus forte que ces dernières années, mais les hommes d'Urs Fischer ont assuré leur septième titre consécutif à cinq journées de la fin de la saison déjà

Le suspense s’était évaporé depuis longtemps. Ne restait qu’une question: quand? Quand le FC Bâle allait-il fêter son nouveau titre de champion de Suisse de football, le septième consécutif, le onzième en quinze ans, le dix-neuvième de son histoire? Les Rhénans disposaient d’une première balle de match samedi soir en recevant le FC Sion, ils ne l’ont pas galvaudée (victoire 2-1).

Un penalty transformé par Matias Delgado en première mi-temps, un but de Birkir Bjarnason en seconde. Au bout du temps additionnel, Veroljub Salatic sauvait l’honneur sédunois, mais pas les meubles. Le peuple de Saint-Jacques (32 344 spectateurs) pouvait chanter ses héros sous la pluie.

Détail de l’histoire: ce n’est que la deuxième fois que le FC Bâle est sacré aussi tôt dans la saison, soit après son 31e match de Super League. Il avait fait pareil en 2012, mais avait dû être plus patient les autres fois. En 2010, 2011 et 2013, il avait même gardé le champagne au frais jusqu’au bout de la dernière journée. Que les Rhénans égalent leur record de précocité cette saison a quelque chose de terrible pour les autres équipes. Jamais la révolution n’avait semblé si possible qu'au début de cet exercice.

Favori, «mais»

«Bâle est bien sûr favori, mais», disaient en choeur journalistes et observateurs l'été dernier. Mais? Il y avait les facteurs extérieurs: deux équipes construites pour disputer le titre à armes égales avec le champion sortant. Un FC Sion qui venait de le priver de Coupe de Suisse avec un certain panache (3-0), des joueurs plein de promesses (Moussa Konaté, Edimilson Fernandes) et un entraîneur qui a ramené de la sérénité en Valais (Didier Tholot). Des Young Boys sevrés de titre depuis 1986, mais riches d’atouts offensifs (Hoarau, Sulejmani) et d’ambitions réaffirmées.

Il y avait aussi des signes d’affaiblissement venant de l’intérieur. Après son sixième titre le printemps dernier, Bâle avait dit adieu à Fabian Schär (Hoffenheim), Fabian Frei (Mainz) et Marco Streller (arrêt de la compétition), des vrais leaders que la campagne de transferts ne semblait pas avoir permis de vraiment remplacer. Encore une fois, les Rhénans changeaient également d’entraîneur. Adieu Paulo Sousa; Urs Fischer devenait le cinquième à s’asseoir sur le banc depuis le licenciement de Christian Gross en 2009.

Combien de temps?

Et puis le championnat a commencé. Et le FC Bâle a gagné ses huit premiers matches. Et comptait dix points d’avance sur Grasshopper à la pause hivernale. Et a augmenté son avance depuis, malgré les départs d’Elneny (Arsenal) et Gashi (Colorado Rapids) à la trêve, pour pointer seize longueurs devant Young Boys aujourd’hui. L’Autrichien Marc Janko a marqué seize buts jusqu’ici cette saison, plus que Marco Streller ces dernières années. Urs Fischer a - comme Thorsten Fink, Heiko Vogel, Murat Yakin et Paulo Sousa avant lui - mené son équipe au titre.

Les visages changent mais l’efficacité demeure. Ces dernières années, le FC Bâle a vu grandir puis partir les meilleurs footballeurs du pays (Shaqiri, Xhaka, Sommer et bien d’autres) sans que jamais la machine ne s’enraie. Ne reste qu’une question: combien de temps cela peut-il encore durer?

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