Football

A Bâle, Young Boys en patron

Les Bernois sont allés obtenir le match nul au Parc Saint-Jacques (1-1) et conservent sept points d’avance en tête de la Super League. Il faudra aller les chercher

Trente ans que les Young Boys de Berne n’ont rien gagné. C’est peut-être en train de changer. Le club onze fois champion de Suisse (la dernière fois en 1986, un an avant une ultime coupe pour la route) est rentré dimanche de Bâle avec le point du match nul (1-1) qu'il était venu chercher.

Tout a changé dans le football suisse

En répondant à Serey Die (57e), Jean-Pierre Nsame (80e) a permis à YB de conserver ses sept points d’avance sur le FC Bâle. Ce match nul, acquis globalement avec maîtrise et ponctuellement avec talent, renforce également le sentiment que Bâle a perdu la main. Il ne fait plus peur, en tout cas pas à Young Boys.

En quelques mois, tout a changé dans le football suisse. Le 22 juillet, Young Boys battait Bâle (2-0) en ouverture du championnat. Cette victoire a eu le don de décomplexer immédiatement les Bernois. Bâle n’était pas invincible; il n’était même déjà plus invaincu. Malgré le pont aérien organisé durant l’été avec la Bundesliga (Yvon Mvogo à Red Bull Leipzig, Denis Zakaria au Borussia Mönchengladbach, Yoric Ravet au SC Freiburg), YB possède le meilleur effectif du pays. Il lui manquait cette confiance, cette arrogance parfois, qui permet à une équipe de flamber plus qu’un été et de traverser sans trop de dégâts les turbulences que rencontre inévitablement un si long voyage.

Concentrés, organisés, patients

Treize journées plus tard, l’assurance a changé de camp. Malgré ses huit titres consécutifs, le FC Bâle, rajeuni, manquant d’expérience, n’est plus que l’outsider. La force tranquille est désormais bernoise. Avec sept points d’avance, Young Boys ne joue pas ce match au sommet à quitte ou double. YB n’a plus gagné à Saint-Jacques depuis cinq ans, mais les hommes d’Adi Hütter ne sont pas là pour une revanche. Ils veulent asseoir leur domination et, s’il le faut, se contenteront très bien de défendre durant 90 minutes. Ils sont concentrés, organisés, patients. Et sereins.

La première mi-temps est un peu quelconque. YB est bien en place, Bâle un peu timide. La meilleure chance de but, bernoise, résulte d’un duel aérien gagné par Assalé, qui dévie le ballon vers Sulejmani, un peu trop décalé pour réellement inquiéter le gardien bâlois Vaclik (38e).

Dès la reprise, l’entraîneur bâlois, Raphaël Wicky, remplace Kevin Bua dans le couloir gauche par Dimitri Oberlin. A charge pour le jeune Vaudois de mettre de la vitesse sur le côté, afin de mettre enfin en difficulté la défense bernoise. Mais une attaque défaillante n’est souvent qu’une conséquence. Bâle manque de personnalité, au sens figuré comme au sens propre puisque les «tauliers» Marek Suchy (suspendu), en défense, et Taulant Xhaka (malade), au milieu, sont absents. Reste Geoffroy Serey Die, chien fou promu (par défaut) aboyeur en chef. Son pressing mord les mollets de Sanogo, trop facile à la relance (58e); l’Ivoirien récupère le ballon, avance jusqu’aux 20 mètres et décoche une frappe sèche qui fuse sur la pelouse mouillée (1-0).

La «Madjer» de Nsame

Sans avoir vraiment été mis en danger, Young Boys se retrouve mené. Mais YB, on l’a dit, a le meilleur effectif du pays, même sans Guillaume Hoarau (blessé). Sans attendre, Adi Hütter lance Jordan Lotomba (ex-Lausanne) et Jean-Pierre Nsame (ex-Servette) dans le bain.

Il reste trente minutes et la pluie, glacée, redouble. Les coups pleuvent aussi, les tacles glissent plus que de raison, quelques gifles se perdent. Bâle a du cœur, mais YB a du talent. Kevin Mbabu récupère un coup franc repoussé près de la ligne de touche, efface le jeune Pedretta, s’enfonce dans la surface et centre tendu au premier poteau. Le ballon arrive légèrement derrière Nsame qui, d’une «Madjer» (frappe du talon derrière la jambe d’appui), égalise (1-1, 80e).

C'est encore Serey Die qui tente le tir de loin (83e). Sa tentative inquiète un peu le gardien bernois David von Ballmoos mais surtout le public bâlois, qui prend conscience que son équipe n’a jamais été dangereuse sur une action construite. Jusqu’au bout, YB se procure les meilleures occasions. Assalé galvaude un deux contre deux dans la surface en préférant jouer le penalty, ce qui n’abuse ni Akanji ni l’arbitre (86e). Bâle jette ses dernières forces dans la bataille et évite de peu le coup de Mbabu en contre (89e). A bout de force, le latéral n’a plus toute sa lucidité. Mais Young Boys conserve toute sa tête.

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