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La banqueroute menace Grasshopper

Le club de football zurichois traverse une phase de difficultés financières suite au départ de l’un de ses trois principaux actionnaires. Sans une augmentation rapide de son capital, il pourrait être amené à déposer le bilan

Avec à son palmarès 27 titres de champion et 19 victoires en Coupe de Suisse, le Grasshopper Club Zurich (GC) est le plus titré des clubs de football suisse. Mais la gloire des Sauterelles appartient à une époque révolue depuis le début des années 2000. Les moins de 20 ans sont habitués à les voir lutter contre la relégation en deuxième division (actuelle neuvième place sur dix au classement) et pour équilibrer leurs comptes. Le club zurichois vient de perdre l’un de ses trois actionnaires principaux et, sans une augmentation rapide de son capital de six à huit millions de francs, il risque de devoir déposer le bilan, prévient la Neue Zürcher Zeitung.

Le trio composé du président Stephan Anliker, de Peter Stüber et de Heinz Spross n’aura tenu qu’une année à la barre du GC. Le dernier cité a décidé de vendre ses parts aux deux autres, comme l’a confirmé le club mercredi soir par voie de communiqué. Les deux rescapés détiennent désormais 45% des actions du club chacun, les derniers 10% étant partagés entre différents individus.

Succession de faillites

Le retrait de Heinz Spross, engagé depuis 1962 au sein du club, traduit un désaccord vis-à-vis de la politique actuellement menée. L’enquête de la NZZ démontre qu’il existe un véritable péril en la demeure. Lors de leur prise de pouvoir et alors que GC traversait déjà une période de difficultés financières, les trois hommes s’étaient engagés à investir neuf millions sur les trois ans qui restaient à tenir avant de pouvoir déménager dans le nouveau stade actuellement en construction et appelé à générer de nouveaux profits. Problème: ces neuf millions ont déjà été utilisés, après douze mois seulement.

A cours de liquidités, surendetté, Grasshopper doit rapidement aboutir à une solution. Le quotidien zurichois postule que Peter Stüber, plus important concessionnaire Mercedes du pays, a les moyens de mettre la main au porte-monnaie et qu’il «ne supporterait pas de voir son nom associé à une faillite». Stephan Anliker, à la tête d’un cabinet d’architecture, serait plus réticent à l’idée d’investir à nouveau, d’autant que le président se disait encore récemment convaincu que les finances du club avaient été durablement assainies.

Sur le même sujet: Faillite Football Club

Grasshopper est loin d’être le premier club suisse à se retrouver au bord du gouffre financièrement parlant, mais le cas de figure avait jusqu’ici essentiellement concerné des formations latines. Depuis 2003, Lugano, Lausanne, Servette, Bellinzone, Xamax et Bienne ont fait faillite avant de devoir se reconstruire depuis les divisions inférieures.

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