Malheur aux vaincues. Samedi soir à Doetichem, Suissesses et Islandaises n'avaient - après leur défaite initiale respective - d'autre choix que de s'imposer pour espérer continuer leur aventure à l'Euro néerlandais au-delà du premier tour. Au terme d'un match hâché, plus tendu que spectaculaire par le jeu proposé, c'est la Nati qui s'est offert le droit de rêver. Mais guère plus. Pour atteindre les quarts de finale, il faudra de toute façon battre la France, favorite du groupe et prétendante sérieuse au titre. La rencontre se déroulera mercredi à Breda, dans l'est du pays.

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Après la débâcle enregistrée contre l'Autriche, la Suisse a très mal entamé son deuxième rendez-vous de l'Euro. Dans un stade les encourageant bruyamment, les footballeuses nordiques ont d'entrée imposé un défi athlétique que les protégées de Martina Voss-Tecklenburg ont eu de la peine à relever. Souvent à la limite de ce qu'il est permis de faire sur un terrain, parfois au-delà, les Islandaises ont montré que l'impact physique pouvait être au coeur d'un match de football féminin. Prolongeant le cauchemar helvétique, elles ouvraient même la marque à la demi-heure de jeu sur une belle rupture.

Bachmann, femme du match

Contre l'Autriche, la Suisse n'avait su réagir que tardivement, et infructueusement. Face à l'Islande, les cadres du groupe ont sonné la révolte à temps. Véritable star de l'équipe, Ramona Bachmann a donné le ballon de l'égalisation à Lara Dickenmann juste avant la pause, avant d'inscrire le deuxième but elle-même peu après. Elle trouvait encore la transversale sur une belle frappe dans les arrêts de jeu. Logiquement, la joueuse de Chelsea a été élue femme du match.

Les Islandaises n'ont pas lâché l'affaire. Mais en évoluant avec la sérénité qu'elle avait affichée lors d'éliminatoires conclus avec autant de victoires que de matches disputés, l'équipe de Suisse était supérieur dans le jeu. Restait l'engagement des insulaires, qui a bien failli coûter sa gardienne à Martina Voss-Tecklenburg. Chargée hors de toute mesure par Gunnhildur Jonsdottir, Gaëlle Thalmann est restée de très longues minutes au sol, soignée par le staff médical. Elle a finalement pu continuer la partie la tête drapée dans un gros bandage et la partie a été prolongée du temps additionnel très inhabituel de onze minutes. Plus de peur que de mal.

Le constat est vrai aussi pour l'équipe de Suisse. Elle espérait aborder le duel contre la France déjà qualifiée, libérée de toute cette pression qui la pèse depuis le début du tournoi. Elle devra s'y coller sans véritable match de référence, et sans filet. Mais au moins, ce troisième match ne comptera pas pour beurre - contrairement à celui qui disputeront les Islandaises contre l'Autriche, sans chance de qualification. Cela n'empêchera pas leurs supporters, nombreux et passionnés, de boucler leur séjour aux Pays-Bas par un ou deux ultimes «clappings».

Cet article a été actualisé après le match nul entre la France et l'Autriche (1-1) dans l'autre match du groupe C.