Volleyball

Beach et indoor, concurrents et complémentaires

L’Euro à Bienne, sur le sable, et le Montreux Volley Masters, en salle, et se déroulent en parallèle cette semaine. Les spectateurs doivent choisir, les sportifs aussi

Sur la Riviera, le Montreux Volley Masters réunit quelques-unes des meilleures équipes féminines du monde (et la Suisse) dans la salle du Pierrier jusqu’à dimanche. Pendant ce temps, les Championnats d’Europe de beach se déroulent sur le sable de Bienne. De quoi ravir les amateurs de volleyball sous toutes ses formes, mais aussi les mettre devant un dilemme. Quelle discipline privilégier?

«J’irai clairement à l’Euro, tranche le Genevois Sébastien Chevallier, cinq ans sur le circuit mondial jusqu’à l’année dernière. J’adore ce sport et, pendant les deux heures que dure parfois un match de volley féminin, on peut en voir plusieurs lors d’un tournoi de beach.» Il ne croisera pas Inès Granvorka à Bienne. «Moi, je serai à Montreux, pour un tournoi où je me rends depuis que j’ai 5 ans. A mes yeux, le volley en salle est plus attractif, plus complexe aussi», estime la Vaudoise, ancienne membre de l’équipe de Suisse.

Beach et volley indoor diffèrent par la plupart des aspects (surface, nombre de joueurs, règles) mais reposent sur un socle technique commun. Pour les sportifs, les deux disciplines sont-elles complémentaires ou – comme pour les spectateurs cette semaine en Suisse – concurrentes? «J’ai fait toute ma formation en salle, des minis à la Ligue nationale A, répond l’ancien beacheur genevois. J’y ai beaucoup appris techniquement, tactiquement, et aussi au niveau de la gestion des moments importants. Dans un premier temps, c’est donc parfaitement complémentaire. Après, pour percer au plus haut niveau, il faut mettre une priorité claire sur l’un ou l’autre.»

Jusqu’en 2012, le Letton Janis Smedins a joué en Bundesliga (un des meilleurs championnats indoor d’Europe) et en Coupe du monde de beach-volley. «Mais il avait besoin d’un peu de temps en début de saison pour faire la transition, se rappelle Sébastien Chevallier. Depuis, il a laissé tomber la salle et il est devenu pour moi le meilleur beach-volleyeur du monde.»

A l’heure du choix

Ce ne sont pas nécessairement les compétitions qui se chevauchent, comme c’est exceptionnellement le cas cette semaine, mais les phases de préparation qui posent problème. «Avec l’équipe de Suisse en salle, je passais l’essentiel de mes étés en stage d’entraînement», remarque Inès Granvorka, qui n’a ainsi jamais imaginé troquer ses genouillères contre un bikini. Sébastien Chevallier, lui, s’est retrouvé face à ce qu’il appelle «un choix de luxe». «J’avais d’un côté la Fédération qui me proposait de devenir pro en beach-volley, et de l’autre Georges-André Carrel (mentor du LUC) qui me disait: reste avec nous, tu es bon ici

Pour trancher, il a écouté «l’atroce compétiteur» qui sommeille en lui. «J’avais 21 ans, déjà remporté la LNA et la Coupe de Suisse en salle, et l’équipe nationale n’a guère la possibilité de participer à des grands tournois en salle. En beach-volley, il y avait les Championnats d’Europe, du monde et même les Jeux olympiques en ligne de mire.» Pari gagné: il a bien participé à tous ces rendez-vous.

Joueuse très complète, Inès Granvorka aurait aussi le profil pour exceller sur le sable. «En théorie, c’est vrai, rigole-t-elle. Mais comme je ne suis pas en équipe nationale indoor cette année, je fais quelques tournois d’un bon niveau amateur et je me rends compte que ce n’est pas si facile que ça…»

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