Tous les regards étaient tournés vers la commission d’éthique de la FIFA mercredi. Allait-elle alourdir la suspension de Michel Platini et ruiner ses chances de se présenter à l’élection présidentielle de l’institution, dont le maintien au 26 février avait été confirmé la veille? Il n’en a rien été. Elle s’est simplement engagée à faire «tout ce qui est en son pouvoir» pour rendre son jugement d’ici la fin des 90 jours de la suspension déjà prononcée. Annonce plus spectaculaire, Franz Beckenbauer et Angel Maria Villar Llona sont à leur tour dans le viseur de l’organe disciplinaire.

L’Allemand est un ancien membre du comité exécutif de la FIFA, tandis que l’Espagnol en est l’un des vice-présidents actuels. Mardi, il avait été nommé président de la commission d’organisation du Mondial 2018 en Russie, en remplacement de Michel Platini. Premier vice-président de l’UEFA, il aurait dû remplacer le Français, pendant sa suspension, à la tête de l’instance européenne, mais cette dernière avait opté pour une gestion collégiale le temps de l’absence de son patron.

Jusqu’ici, les deux hommes n’avaient pas vraiment été inquiétés par les scandales qui secouent la FIFA. La commission d’éthique n’a pas précisé les motifs qui leur valaient de le devenir. Elle a par contre souligné que les dossiers les concernant avaient été transmis à la chambre de jugement de l’organe, ce qui signifie que la chambre d’investigation a déjà bouclé son enquête.

En juin 2014, Franz Beckenbauer avait écopé d’une suspension provisoire de 90 jours, levée deux semaines plus tard, pour ne pas avoir pleinement collaboré dans le cadre des enquêtes internes de la FIFA sur l’attribution des Coupes du monde. Son nom est réapparu samedi lorsque Der Spiegel a affirmé que le comité de candidature allemand, dont le «Kaiser» était président, s’était constitué une caisse noire pour acheter des suffrages et remporter l’organisation de la Coupe du monde en 2006. «Je n’ai versé de l’argent à personne pour obtenir des voix», s’était-il défendu.

Quant à Angel Maria Villar Llona, L’Equipe affirmait, hier, sur son site internet, que l’enquête dont il fait l’objet concerne la candidature commune de l’Espagne et du Portugal en vue de l’attribution du Mondial 2018.

Nouveau candidat

De nouvelles têtes sont menacées, d’autres se profilent. Ainsi, David Nakhid a confirmé s’être porté candidat à la présidence de la FIFA. «J’ai le soutien de cinq fédérations membres, mais il est préférable qu’elles restent anonymes pour l’instant», a-t-il expliqué à l’AFP. Ancien capitaine de la sélection de Trinité-et-Tobago, passé par Grasshopper pendant sa carrière de joueur, il est le troisième candidat officiel à la succession de Blatter, avec Michel Platini et le prince jordanien Ali.