Il aura fallu attendre la deuxième rencontre du second mardi pour que le court central de Wimbledon vive enfin un grand match de tennis féminin. Dans une démonstration de force physique et mentale, Serena Williams, championne en titre, a renversé une situation compromise par un premier set médiocre pour s'adjuger une place en demi-finales, et le droit de s'octroyer une revanche contre Justine Hénin-Hardenne, après cette fameuse demi-finale controversée à Roland Garros. Jennifer Capriati a vu une nouvelle fois (la quatrième d'affilée) une rencontre face à Serena Williams lui échapper après le gain de la première manche.

Incroyablement fébrile sur son service au premier set (un tiers de points gagnants seulement), Serena Williams semblait égarée en son jardin anglais. Claquant ses retours sur la ligne, Jennifer Capriati en profitait. Mais dans la deuxième manche, reprenant ses esprits, s'appliquant sur sa mise en jeu (trois aces), la favorite retournait la situation pour ensuite gagner huit jeux sur neuf et mener 3-1 dans un dernier set épique, truffé de longs échanges de fond de court. Jennifer Capriati disposait de deux balles d'égalisation à 5-5 sur le service de Serena Williams, avant que celle-ci ne conclue brillamment à la volée.

Auparavant, sa sœur Venus avait elle aussi eu recours à trois sets pour battre Lindsay Davenport, dans une rencontre de qualité très inégale. L'aînée des Williams n'a toujours pas réglé le problème de sa seconde balle de service, mais son adversaire était trop irrégulière pour en profiter pleinement. Sur le court n°1, le camp belge ne connaissait qu'une alerte aussi passagère que les averses sur Wimbledon: dans un moment d'égarement, Kim Clijsters laissait filer un set face à l'Italienne Silvia Farina Elia, avant de rafler douze des treize derniers jeux. Pour Justine Hénin-Hardenne, l'affaire était vite conclue face à Svetlana Kuznetsova, dernière représentante d'une volée russe qui retombe de haut.

Intercalé au programme entre la Flamande et la Wallonne, le Marseillais de Floride Sébastien Grosjean a acquis le privilège d'affronter aujourd'hui en quarts l'enfant du pays Tim Henman. Grosjean, qui menait deux sets à un face à Ferrero lundi soir à la tombée de la nuit, a dû remonter un break de retard avant de dominer le jeu décisif du quatrième set. Le Français, qui a battu Henman au tournoi du Queen's, ne partira pas favori face à un Anglais dont le jeu a progressé et qui paraît déterminé à réussir son rêve, remporter «son» tournoi.

Roger Federer, qui a passé la journée d'hier à soigner son dos bloqué («Ça va mieux, tout ira bien»), affrontera un autre éclopé pour s'octroyer une place en demi-finale – et dans l'histoire du tennis suisse, puisque aucun de ses compatriotes n'a jamais réussi à se hisser à ce niveau sur le gazon londonien, Marc Rosset restant le seul Helvète à s'être qualifié pour une demi-finale de Grand Chelem, à Roland-Garros en 1996. Sjeng Schalken souffre du pied, une vieille blessure qui l'a empêché de bien dormir la nuit précédente. S'il y avait fissure, ce que des examens hospitaliers devaient dire tard hier soir, Schalken pourrait même déclarer forfait. Mais le double vainqueur de Bois-le-Duc, demi-finaliste l'an dernier à Wimbledon, dont le jeu à plat est très efficace sur gazon, entend faire le maximum pour défendre ses chances.