A Melbourne, les problèmes climatiques ne sont pas ceux que l’on attendait. Pas de canicule ni de pollution en ce (quatrième) jour. L’air est pur, la température clémente, voire fraîche, mais le vent et la pluie alternent pour semer le trouble et perturber la programmation. Jeudi matin, les deux éléments qui s’étaient associés durant la nuit avaient déposé une pellicule d’eau sablonneuse sur les courts. Le début des matchs a été retardé, le temps de tout sécher et nettoyer.

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Programmée en ouverture sur la Margaret Court Arena, un court couvrable, Belinda Bencic a évité ces désagréments. Mais la Saint-Galloise a dû faire face à une autre forme de tempête: le jeu très instable, fait d’exaltations et de dépressions, de l’impétueuse Jelena Ostapenko. Une joueuse capable dans ses bons jours d’introduire des grains de sable dans n’importe quelle mécanique et dans ses bonnes quinzaines de remporter Roland-Garros. Cela ne lui est arrivé qu’une seule fois, en 2017, parce qu’elle ne maîtrise pas souvent les éléments qu’elle déchaîne.

Habituée des montagnes russes

Bencic a pris les devants d’entrée de match, a mené 3-0, a été rejointe à 3-3, a refait le break à 4-3, a reperdu aussitôt son avantage (4-4) et a finalement empoché la première manche (7-5) non sans avoir sauvé une balle de 6-6. Jelena Ostapenko a dominé la deuxième manche, et a même mené 5-2, avant de remettre toute seule son adversaire dans le coup. Servant pour le set à 5-3 et 30-30, la Lettone a sorti une attaque facile puis a commis une double faute. Même scénario quelques minutes plus tard, à 5-5 et 30-30, mais dans l’autre sens (double faute puis faute directe). Belinda Bencic ne s’est pas fait prier et a conclu proprement (deux aces et un service gagnant sur le dernier jeu): 7-5 7-5 en 1 h 41.

«Je m’attendais à ce genre de match, a commenté la Suissesse en conférence de presse. Avec elle [Ostapenko], c’est toujours un peu les montagnes russes. Il fallait rester calme, ne pas s’énerver, prendre les points gratuits et accepter que parfois le résultat de l’échange soit illogique ou injuste. Ce n’est pas toujours évident parce qu’elle a un jeu très agressif: il faut éviter les fautes directes pour la laisser faire l’erreur la première mais en même temps prendre suffisamment de risque pour la garder sous pression et ne pas la laisser attaquer.»

«Je ne regarde pas le tableau»

En commettant plus de fautes directes (22) que de coups gagnants (16), Belinda Bencic n’a que partiellement tenu son plan de jeu. Elle a en revanche été particulièrement prompte à se saisir des occasions, convertissant sept balles de break sur huit obtenues.

Tête de série numéro 6, Belinda Bencic est bien entrée dans son tournoi. «Je sens que je m’améliore», dit-elle de ses deux premiers matchs. Sa partie de tableau est assez dégagée et elle peut aller loin, au moins en quart de finale, où elle pourrait retrouver Simona Halep. «Je ne regarde pas le tableau», jure-t-elle. Tous les joueurs disent ça, et la plupart d’entre eux mentent. D’ailleurs, Belinda Bencic avait un large sourire en le disant.