La loi du mode tournoi est particulièrement cruelle en ces temps de quarantaine. Aujourd’hui comme avant, la moitié des engagés quittent Melbourne dès le premier tour, avec un match et une défaite dans les valises. Pour adoucir le choc, les organisateurs ont augmenté cette année la prime de participation au premier tour de 25%, à 100 000 dollars australiens (69 195 francs suisses). «Peanuts» pour Victoria Azarenka, finaliste du dernier US Open et double vainqueur à Melbourne (2012 et 2013), battue par la 61e mondiale Jessica Pegula (7-5 6-4), ainsi que pour David Goffin et Roberto Batista Agut, têtes de série du tableau masculin roulées dans la sciure, à moins que ce ne soit dans la farine.

100 000 dollars au soleil

Ces 100 000 dollars au soleil constitueront en revanche un dédommagement très appréciable pour Henri Laaksonen et Jil Teichmann, aux ambitions plus modestes et battus nettement ce matin, respectivement par l’Italien Salvatore Caruso (6-2 6-4 6-3) et l’Américaine Coco Gauff (6-3 6-2). Un éliminé sur deux au premier tour, c’est donc aussi le ratio dans le camp suisse, qui comptait quatre engagés au départ et qui conserve Belinda Bencic, en plus de Stan Wawrinka, qualifié lundi aux dépens du Portugais João Sousa (6-3 6-2 6-4), et qui affrontera le dangereux Hongrois Marton Fucsovics la nuit prochaine.

Lire aussi: A l'Open d'Australie, une vallée de larmes

Belinda Bencic a assuré l’essentiel en dominant l’Américaine Lauren Davis en trois manches (6-3 4-6 6-1). Malgré l’écart de taille (1,75 m contre 1,57 m) et de classement (Bencic est tête de série numéro 11, Davis est 75e à la WTA) en sa faveur, la Saint-Galloise a dû batailler durant plus de 2h30 sous un soleil au zénith pour se défaire de son adversaire. En fait, Bencic a surtout lutté contre ses propres baisses de régime et son irrégularité au service (12 doubles fautes dans les deux premiers sets).

«Ce n’est pas ce que j’espérais mais je m’y attendais»

Après une année sans résultats (sa dernière victoire remontait à février 2020), sans grands repères (elle avait renoncé à l’US Open et était blessée pour le Roland-Garros automnal), Belinda Bencic a dû en outre passer par quinze jours de chambre d’hôtel à son arrivée à Melbourne. Autant de raisons de prendre cette victoire sans faire la fine bouche. «Je suis très soulagée, admit-elle en conférence de presse. C’est loin du niveau que j’espérais mais c’est ce à quoi je m’attendais. Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre pour revenir à un niveau satisfaisant. A la maison, je peux m’entraîner quatre ou cinq heures par jour, mais ici c’est difficile d’avoir un court.» Elle en aura un jeudi, mais il y aura la très expérimentée Russe Svetlana Kuznetsova en face.

Teichmann et Laaksonen décevants

Sur un court annexe, Jil Teichmann n’a pas existé face à Coco Gauff (6-3 6-2). La jeune Américaine, qui avait atteint l’an dernier les huitièmes de finale à seulement 15 ans, était beaucoup trop forte pour la Biennoise de Barcelone. Après un début équilibré (2-2), Teichmann n’a plus marqué que trois jeux, concédant trop de fautes directes. Battue en moins d’une heure (56 minutes exactement), Jil Teichmann n’a pas réédité sa bonne prestation du récent tournoi préparatoire du Gippsland Trophy, où elle avait poussé Coco Gauff à un combat de près de trois heures.

Comme souvent, Henri Laaksonen (138e mondial) est passé à côté d’un rendez-vous à sa portée. Le Schaffhousois avait durement gagné son ticket pour Melbourne en s’extirpant des qualifications délocalisées à Doha. Voyageant dans l’un des avions porteurs d’un cas covid, il avait lui aussi subi une quarantaine stricte. Henri le taciturne n’avait pas grand-chose à envier à Salvatore Caruso, à part un meilleur classement (78e mondial), mais il sera demain dans l’avion du retour.