A Melbourne, Belinda Bencic s’est qualifiée jeudi pour le troisième tour des Internationaux d’Australie en battant la Russe Svetlana Kuznetsova, en trois manches accrochées et 2h39 de jeu (7-5 2-6 6-4). La fin de partie résume bien ce que fut cette rencontre, acharnée mais qui ne décolla jamais vraiment en raison de trop nombreuses fautes directes, de part (52 pour Bencic) et d’autre (50 pour Kuznetsova).

Servant pour le gain de la rencontre à 5-3, la Saint-Galloise laissa échapper trois balles de match, dont une sur une double faute, perdit son break d’avance avant de finalement conclure sur le jeu de service suivant d’une Kuznetsova tout aussi fébrile malgré ses 35 ans. Les deux joueuses partageaient l’excuse légitime d’avoir été dans le lot des athlètes strictement confinés durant deux semaines dans une chambre d’hôtel.

«Je me suis accrochée»

Ce n’est pas le cas de l’adversaire de Bencic au prochain tour, la Belge Elise Mertens, un peu moins bien classée (elle est 20e à la WTA, Bencic 12e), mais bien plus en forme puisqu’elle vient de remporter l’un des tournois préparatoires organisés avant l’Open d’Australie. Mertens totalise le plus grand nombre de victoires sur le circuit depuis le retour au jeu en août 2020.

Belinda Bencic est encore loin de ce niveau de confiance. Face à Kuznetsova, une adversaire qui lui a toujours posé des problèmes (la Russe sait appuyer là où ça fait mal, et insista sur le coup droit défaillant de Bencic), elle s’est souvent énervée contre elle-même. «Je me suis beaucoup parlé, et pas que pour m’encourager», euphémisa-t-elle à l’issue de la rencontre, à l’intention des spectateurs de la Margaret Court Arena (le deuxième plus grand du site), dont peu comprennent les insultes en slovaque.

En conférence de presse, et en anglais, Belinda Bencic expliqua son soulagement de s’en être sortie sans, encore une fois, très bien jouer. «C’était dur, comme toujours face à elle. Je me suis accrochée et à la fin, je suis super contente de la victoire.»

La tenante du titre éliminée

Elise Mertens et elle sont de la même génération (quinze mois d’écart), mais ne se sont jamais affrontées. «Je la connais bien mais je ne l’ai plus jouée depuis les juniors, expliqua Belinda Bencic. Ce sera difficile et je ne me considère pas comme la favorite.»

C’est une bonne chose, car, à Melbourne, les favorites souffrent. Après Bianca Andreescu mercredi, une autre tête de série est tombée, et non des moindres: la tenante du titre, Sofia Kenin, sortie en deux sets (6-3 6-2) par l’Estonienne Kaiai Kanepi, 65e mondiale. L’Américaine, qui avait avoué en début de tournoi sa difficulté à gérer les attentes liées à son statut de tenante du titre, a craqué nerveusement. «Aujourd’hui, j’ai eu le sentiment que je n’étais pas vraiment là. Ma tête n’était pas là. J’ai été rattrapée par mes émotions», avoua-t-elle en salle de presse, à nouveau au bord des larmes.


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