A 18 heures, hier soir, Bernard Stamm n'avait pas encore eu le temps d'aller poser sa tête sur un oreiller. Pourtant, le skipper vaudois est arrivé lessivé, mercredi à l'aube, à Calais, terme de la première édition du Tour des îles Britanniques. A la barre de Group Bobst Armor Lux, il s'est classé à la quatrième place de cette course en équipage réservée aux monocoques de 60 pieds et remportée par le Breton Vincent Riou.

Le Vaudois, qui a l'esprit de compétition aiguisé, est forcément déçu. Surtout qu'il a pointé quelques heures en tête de la flotte. Mais étant donné le handicap qu'accusait son bateau en raison d'une quille d'emprunt, plus lourde que celle d'origine, le résultat est plus qu'honorable.

«C'est bien. Surtout qu'il y a peu d'écart (ndlr: en temps) avec les trois premiers. C'est rassurant, surtout avec un bateau en convalescence», lâche Bernard Stamm. Le Vaudois a surtout été pénalisé en Manche, au début de la course, lorsque le vent était portant (ndlr: venant de l'arrière), puis dès les îles Shetland, lorsque le vent a faibli. «Dans les petits airs, le fait de traîner des kilos en trop nous pénalisait. Mais, nous avons aussi fait quelques erreurs tactiques», reconnaît-t-il. Cela n'a l'a pas empêché de trouver l'épreuve très intéressante. «C'était bien de naviguer au contact et de voir comment vont les autres.»

Lors d'Around Alone – le tour du monde en solitaire avec escales qu'il a gagné –, le Vaudois n'a pas beaucoup eu l'occasion de se mesurer en vitesse pure à ses adversaires, souvent à plus de 200 milles (370 km) dans son sillage. «Il y avait un peu de contact au début de chaque étape mais plus après. Cela posait des problèmes de positionnement, mais pas de vitesse pure comme sur cette course-ci. Là, on était obligés de régler les voiles en permanence. Il ne fallait rien lâcher.» Intéressant, mais fatigant aussi. Surtout la descente le long de la côte est des îles Britanniques qui s'est faite uniquement au près, soit avec le vent dans le nez. «Nous n'avons fait que de virer de bord. Comme il faut matosser (ndlr: passer tout ce qui est à l'intérieur du bateau d'un côté à l'autre) à chaque virement, tu fais le déménageur et tu arrives rincé!»

Les vacances ne sont toujours pas au programme de Bernard Stamm. Il va devoir trouver des sous, puisque son contrat avec Bobst est terminé, et s'occuper de la mise en chantier de son bateau en vue de la Transat Jacques Vabre (en double entre Le Havre et Salvador de Bahia) qui aura lieu au mois de novembre prochain.