On le savait, Bernard Stamm est un fonceur. Sa victoire dans Around Alone (course autour du monde en solitaire avec escales) est à peine savourée que le voilà déjà de retour à la compétition. Le skipper vaudois a pris, dimanche à Calais, le départ de la première édition de la Calais Round Britain Race, une course en équipage autour des îles Britanniques réservée aux monocoques de 60 pieds de la classe IMOCA.

Même s'ils partent avec un petit handicap technique dû à une quille empruntée plus lourde que celle d'origine (lire Le Temps du 28 juin), le Suisse et ses hommes n'en sont pas moins motivés pour autant. «On est à donf», lance Stamm, reprenant l'expression si chère à Ellen MacArthur. Le Vaudois n'a pas l'intention de faire de la figuration. La preuve: au coup de canon, son voilier Group Bobst Armor Lux était le premier à couper la ligne. Et même si, quinze milles (vingt-huit km) plus loin, le PRB du Breton Vincent Riou avait pris les commandes de la flotte des neuf monocoques, le voilier du Suisse pointait en deuxième position, pas loin derrière.

Une «bulle» à passer

De toute façon, la route est longue et complexe: 1850 milles (3426 km) à parcourir le long des côtes irlandaises, écossaises et anglaises dans des systèmes météo très variés. Sans compter les nombreuses difficultés liées au courant, au trafic maritime, et, par endroits, aux cailloux et au brouillard. «Ça va être compliqué pour tout le monde. On ne sait pas comment la situation météo évoluera, et les positions au départ risquent de ne pas être les mêmes à l'arrivée», prévient Bernard Stamm, ravi d'effectuer un tel parcours. «C'est top! Ça sera très tactique. Au début, il n'y aura pas beaucoup d'air. Nous aurons une bulle à passer. Il faudra aller cherche le vent là où il est.»

Le skipper vaudois a prouvé, lors de son tour du monde, ses qualités en matière de stratégie météo. Cette nouvelle course va lui permettre de ne pas perdre la main. «Avec Christophe Lebas, nous allons nous pencher ensemble sur la navigation afin de nous entraîner en vue de la Transat Jacques Vabre (ndlr: en double entre Le Havre et Salvador de Bahia).»

Roland Jourdain favori

Sur cette épreuve, le skipper de Group Bobst Armor Lux affronte plusieurs des cadors de la classe des 60 pieds, qu'il retrouvera sur la Transat en double au mois de novembre, puis lors du prochain Vendée Globe. D'où l'intérêt sportif de cette course qui s'annonce très ouverte: «Tout le monde sera dangereux. «Bilou» (ndlr: Roland Jourdain) a un petit plus par rapport aux autres du fait de sa préparation. Il faudra aussi se méfier de Vincent Riou, Sébastien Josse, Mike Golding et Joe Seeten. Il y a une belle flotte. Cela promet une course spectaculaire.» La première nuit en mer s'annonçait déjà sans répit, avec la descente de la Manche et son lot de difficultés. L'arrivée à Calais est prévue d'ici 8 à 10 jours. Tout dépendra de la vigueur d'Eole.