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En rouge, la nouvelle halle de Swiss Tennis. A droite, le stade de foot et, dans sa continuité, la patinoire couverte.
© Régis Colombo

Infrastructures

A Bienne, une place des sports flambant neuve

Swiss Tennis inaugure ce samedi une nouvelle halle, notamment destinée à accueillir un tournoi WTA, aux abords directs du complexe flambant neuf réunissant patinoire et stade de foot. Les autorités politiques mettent le sport au service du rayonnement de la ville avec sa zone nord-est

C’est un chemin sans charme qui porte le nom d’un des plus grands sportifs de tous les temps. L’allée Roger-Federer. Il y a une année, elle fut ainsi baptisée en l’honneur et en présence du champion bâlois qui, adolescent, avait fréquenté le centre de formation de Swiss Tennis. Entre garages et industries, le quartier n’a pas l’âme de la vieille ville ni l’attrait du bord du lac, mais volonté politique et initiatives privées se conjuguent pour lui offrir une véritable fonction. En deux ans sont apparus un nouveau stade de football, une nouvelle patinoire et une nouvelle halle de tennis. L’allée Roger-Federer traverse une véritable place des sports.

La nouvelle halle va apporter beaucoup au tennis suisse. Elle va nous donner la possibilité d’accueillir plus de joueuses et de joueurs à Bienne

La Swiss Tennis Arena sera inaugurée ce samedi, en ouverture de la première édition du Ladies Open. En plus de ce tournoi estampillé WTA, appelé à se disputer chaque année, cette nouvelle halle de jeu accueillera des rencontres de Fed Cup et de Coupe Davis. 2800 spectateurs peuvent y prendre place, 300 dans des loges et 2500 dans des gradins rétractables. Pour les compétitions, leur taille sera adaptée aux besoins et, en dehors, ils laisseront apparaître trois surfaces de jeu pour des entraînements au quotidien.

«La nouvelle halle va apporter beaucoup au tennis suisse. Elle va nous donner la possibilité d’accueillir plus de joueuses et de joueurs à Bienne», se réjouit Christiane Jolissaint, présidente adjointe de Swiss Tennis. Pour s’offrir ce petit bijou accolé à son siège, la fédération a investi 8,5 millions de francs. Il vient compléter la parure d’installations sportives flambant neuves situées dans le coin. «Bienne est très active en la matière, il y a une vraie volonté d’avancer de la part des autorités», constate l’ancienne 26e joueuse mondiale.

Lire aussi: Roger Federer, allée des souvenirs

A la sortie de la ville en direction de Soleure, à deux pas de l’autoroute, Bienne avait déjà, en 2015, inauguré le complexe de la Tissot Arena. Un centre commercial. Des restaurants. Et surtout une patinoire de 6521 places, une glace annexe, un stade de football de 5200 places ainsi qu’une halle de six pistes de curling. Le tout à quelques dizaines de mètres des locaux de Swiss Tennis. En quelques années, le nord-est de la ville s’est transformé. Les parcelles encore vierges visibles aujourd’hui sur Google Maps témoignent de la rapidité du processus.

Fierté locale

Dans son bureau de la mairie, cossue bâtisse du centre-ville, Erich Fehr se réjouit du rayonnement qu’offrent à sa ville ces nouvelles constructions. «Il faut bien distinguer la Swiss Tennis Arena, un projet privé, de la Tissot Arena, financée par l’argent public. Mais toutes les deux trouvent leurs racines dans la nature profondément sportive de la ville. Le Biennois a toujours nourri une certaine fierté de ses clubs d’élite. A l’heure actuelle, il n’y a guère plus que celui de hockey en LNA, mais il y a aussi historiquement celui de football et, dans les années 70 et 80, il y avait l’équipe de volley, cinq fois championne de Suisse», énumère le maire Erich Fehr, lui-même passionné de hockey sur glace et abonné du club local. «Et puis notre région se prête merveilleusement bien à la pratique du sport, il faut le dire», lance-t-il dans son style enjoué.

Microcosme sportif dense et dynamique

En 1984, Etienne Dagon remportait à Los Angeles la seule et unique médaille obtenue par un nageur suisse lors de Jeux olympiques. Trente ans plus tard, jour pour jour, il devenait le délégué aux sports de sa ville natale, après avoir occupé un poste similaire à Neuchâtel entre 1996 et 2008. Depuis trois ans, il chapeaute à Bienne un microcosme sportif incroyablement dense et dynamique. Dixième ville de Suisse avec quelque 56 000 habitants, Bienne compte 170 sociétés sportives, des centres de performance dans cinq disciplines différentes et sept établissements scolaires labellisés Swiss Olympic pour accueillir les 200 jeunes qui suivent une filière de sport-culture-étude. «Tous ces chiffres sont considérables, appuie l’ancien nageur. Ils s’expliquent d’abord par la centralité de Bienne, porte d’entrée de la Suisse romande vers la Suisse alémanique et inversement, son bilinguisme, et aussi par la proximité de Macolin.»

Là-haut sur la colline s’érige le château fort du sport national. Implanté en 1944 en tant qu'«école fédérale de gymnastique et de sport», il abrite aujourd’hui l’Office fédéral du sport et une constellation d’infrastructures qui permettent d’organiser toutes sortes d’activités (cours, camps, compétitions). A l’origine, la ville de Bienne s’était battue pour que le site de Macolin soit sélectionné par l’administration fédérale. Aujourd’hui, elle conserve avec ses services d’excellentes relations. «Nos échanges sont cordiaux, confirme le maire Erich Fehr. Macolin a beaucoup fait pour la valorisation de nos nouvelles infrastructures sportives en sites d’importance nationale.»

Importance nationale

La Tissot Arena fait office de centre national de curling et de «base» pour les équipes de Suisse juniors et féminine de football. La Swiss Tennis Arena est appelée à accueillir des rencontres de Coupe Davis et de Fed Cup. La folie des grandeurs n’a pas frappé les promoteurs de ces nouvelles infrastructures. «Nous n’aurions jamais investi d’argent public dans des châteaux de fable (sic), souligne Erich Fehr. Ces infrastructures sont de grande envergure et d’excellente qualité, mais elles sont proportionnées aux besoins de Bienne.»

Et pas seulement: les 5200 places du stade de football seraient insuffisantes pour accueillir la Nati de Xherdan Shaqiri, mais elles conviennent parfaitement pour les rencontres des jeunes et des dames. A quelques semaines de l’Euro aux Pays-Bas, elles y disputeront d’ailleurs un match amical contre l’Angleterre le 10 juin prochain. Même constat au tennis. S’il y a la possibilité de faire une grosse recette, Genève est plus attractive mais sinon, Bienne est plus rentable. Le dernier match de Fed Cup (Suisse-France) début février à Palexpo a engendré une perte sèche de 300 000 francs. «Parce que les billets sont onéreux, parce que l’organisation coûte cher, parce qu’il faut tout amener dans une halle vide», commente Christiane Jolissaint.

L’option de la Swiss Tennis Arena limite les recettes potentielles mais les coûts aussi: idéal pour les rencontres moins attractives. «En Coupe Davis, sur des premiers tours, sachant qu’on n’aura sans doute pas Stan Wawrinka ni Roger Federer, jouer à Bienne est une bonne solution. Ça va diminuer les frais. Pour des raisons économiques, nous jouerons sans doute pas mal de matches là-bas.»

Un brin de nostalgie

Au nord-est de la ville de Bienne, les infrastructures sportives ne se limitent pas aux deux «arenas» flambant neuves. Il y a la halle du Tennis-Club Bienne et d’autres courts en plein air à proximité du bâtiment qui accueillera le Ladies Open. Et aux abords de la Tissot Arena, on dénombre une dizaine de terrains de football. «En tout, ce sont quelque mille personnes qui viennent chaque jour s’entraîner dans cette zone», estime Etienne Dagon. Le développement de cette «place des sports» n’est pas terminé.

Mercredi, le conseil municipal a signé une déclaration d’intention en vue de la construction d’une arène de skater hockey. Bienne compte deux équipes de tout premier plan dans ce sport très populaire dans le Seeland. «Et il y a encore un projet de construction d’une piste d’athlétisme de six couloirs autour de l’un des terrains de football», glisse le responsable. «Mais après, ce sera tout pour le sport dans cette zone, prévient Erich Fehr. Les dernières parcelles disponibles sont destinées à l’industrie. Il faut tout de même faire la part des choses entre les différents besoins.»

Dans son bureau, le maire a accroché au mur la clé symbolique de la Tissot Arena. Juste en dessous, il conserve un siège orange arraché à l’ancien Stade de Glace. Un brin de nostalgie? «C’est normal… Je n’ai jamais été assez bon pour jouer en ligue nationale, mais j’ai fait mes juniors au HC Bienne, j’y ai entraîné des jeunes, j’y ai rencontré ma femme. Je pourrais vivre jusqu’à l’âge de 100 ans qu’il me serait impossible de passer autant de temps à la Tissot Arena. Mais la population, elle, n’est pas nostalgique. Elle est fière de pouvoir se dire qu’elle a une belle patinoire comme celle-ci.» Si la candidature suisse pour les Jeux olympiques 2026 aboutit, la Tissot Arena devrait accueillir le tournoi féminin de hockey sur glace.


Un nouveau tournoi de tennis

Le Ladies Open de Bienne se déroule dès ce samedi (qualifications) et jusqu’à dimanche prochain (finale à 15 heures) dans la nouvelle Swiss Tennis Arena de Bienne. 25 joueuses parmi les cent meilleures mondiales se disputeront la victoire. Les Suissesses Belinda Bencic, Viktorija Golubic et Rebeka Masarova seront en lice en simple, tandis que Timea Bacsinszky et Martina Hingis s’alignent côte à côte en double, comme aux Jeux olympiques de Rio où elles avaient décroché la médaille d’argent.


Dietmar Faes, président du FC Bienne: «Nos adversaires font des selfies en arrivant au stade»

Une année après sa faillite, le FC Bienne – qui évoluait en Challenge League – se reconstruit en 2e ligue régionale, dans une Tissot Arena qui détonne à ce niveau. Mais le président Dietmar Faes n’entend pas s’y éterniser.

Le Temps: Comment va le FC Bienne aujourd’hui?

Dietmar Faes: Assez bien! Nous sommes en tête du classement de notre groupe et nous devrions réussir à monter en 2e ligue inter. Ce sera un premier pas. Nous espérons accéder à la 1re ligue dans l’enchaînement. Le FC Bienne représente une grande ville, mais aussi le Seeland et même le Jura. Il dispose d’un des plus beaux stades du pays. Quelque part, nous nous devons de progresser dans la hiérarchie envers les contribuables qui l’ont financé. Nous avons la vision de retrouver la Challenge League, mais ça ne se fera pas en trois ans.

– Que reste-t-il du soutien populaire pour le FC Bienne?

– Il est toujours bien présent. Nous avons une moyenne de 700 spectateurs par match à la maison, c’est énorme à ce niveau! Nous avons même déjà franchi la barre des 1000, car nous avons à disputer un certain nombre de derbies. Un match contre Bienne en 2e ligue, c’est toujours un événement pour les autres équipes, surtout dans cette magnifique Tissot Arena. En arrivant au stade, nos adversaires font des selfies! Même à l’extérieur, nous drainons du public, 500 ou 600 personnes. C’est intéressant pour tout le monde. Mais attention: nous ne pouvons pas rester là, car ce qui fascine cette saison deviendrait vite banal.

– Quelle est l’importance, pour la région, de retrouver un club de foot de haut niveau?

– Cela permettrait à la pyramide d’avoir à nouveau un sommet. Bienne est une ville de hockey, mais le football demeure le sport le plus pratiqué. On compte des dizaines et des dizaines d’équipe. Toutes ont leur importance. Il faut des clubs formateurs, mais il faut aussi que la formation mène quelque part. Les jeunes doivent voir qu’il y a une échelle et qu’ils peuvent monter. Il y a d’autres aspects plus sociaux. D’une part, Bienne est une ville qui compte beaucoup d’immigration et le football est un moyen d’intégration idéal. D’autre part, le Biennois doit pouvoir se mettre en avant. Les Romands le voient comme un Alémanique et les Alémaniques comme un Romand. Il doit donc trouver le moyen de défendre les couleurs de sa magnifique région par lui-même.

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© JOHN MACDOUGALL