C’est un matin d’hiver brumeux. L’horizon est absent, les repères ont disparu. Ici, on flotte entre deux mondes. Derrière nous, la terre. Devant nous, l’océan. Tous deux sont encore nappés de gris, mais l’un se distingue de l’autre grâce au rugissement sourd des vagues. Elles sont là, en face de nous. Sur ce cap rongé par le vent et les flots, le continent est trop discret pour retenir notre attention. Ici, l’océan règne en maître. Et à l’approche de la terre, il se cabre comme jamais, s’élève puissamment vers le ciel, puis s’abat contre la roche de tout son poids, avec fracas, sans réserve et sans relâche.