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Lors de la cérémonie de clôture, comme le veut la tradition, le drapeau olympique a été transmis à Pékin pour les Jeux de 2022.
© KAI PFAFFENBACH / AFP Photo

Jeux olympiques

Bilan: Pyeongchang 2018, c’était tout ça

La pacification de la péninsule coréenne et la suspension de la Russie sont restées omniprésentes dans l’actualité pendant deux semaines, mais le bilan des JO est aussi sportif, entre exploit collectif de la Norvège et avènement des champions des années 2000

Les Jeux olympiques de Pyeongchang se sont terminés dimanche comme ils avaient commencé deux semaines plus tôt. Avec l’espoir que le sport puisse participer à la pacification de la situation entre les deux Corées. Sans la Russie.

Après un défilé commun des athlètes du Nord et du Sud lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux, le processus diplomatique intercoréen aux JO a trouvé son épilogue avec la participation d’une délégation «de haut niveau» venue de Pyongyang et emmenée par le controversé général Kim Yong-chol pour la cérémonie de clôture. Avec l’équipe de hockey féminine de la péninsule unifiée, la visite de la sœur de Kim Jong-un et la présence des désormais célèbres pom-pom girls, la Corée du Nord aura été omniprésente à Pyeongchang.

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Températures polaires

Ce n’est pas le cas, officiellement, de la Russie. Les «OAR» («Olympic Athletes of Russia», ainsi qu’ils furent désignés pendant quinze jours) espéraient récupérer leur drapeau pour leur défilé d’adieu, mais le Comité international olympique a douché leurs espoirs dimanche matin: pas question de précipiter la levée de la suspension prononcée le 5 décembre alors qu’Alexander Krushelnitsky (curling) et Nadezhda Sergeeva (bobsleigh), deux des 168 athlètes censés incarner la facette irréprochable du sport dans un pays gangrené par le dopage, ont été contrôlés positifs pendant les JO.

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De ces premiers Jeux d’hiver en Asie, l’histoire retiendra tout ça, ainsi que les températures polaires de la première semaine de compétition, la propagation du norovirus qui a donné des maux de ventre aux personnes contaminées et des sueurs froides aux organisateurs, ainsi que le sens de l’accueil des milliers de bénévoles. Mais aussi, et surtout, quelques tendances sportives fortes.

Le phénomène Norvège

Le team-event de ski alpin a permis à la Norvège de décrocher une 38e médaille à Pyeongchang et de battre, ainsi, le record absolu de l’histoire des Jeux d’hiver détenu jusqu’alors par les Etats-Unis (37 médailles à Vancouver en 2010). Dimanche, une ultime victoire de Marit Bjoergen en ski de fond porte le total à 39 médailles et la Norvège termine en tête du classement des nations.

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La performance, réalisée par un pays d’à peine plus de 5 millions d’habitants, force à relativiser les 15 médailles suisse (record de Calgary 1988 égalé). Mais elle est le fait d’une nation-phénomène où aucun sport, football compris, n’est plus important que le ski de fond, une discipline qui a elle seule lui a rapporté 14 médailles en Corée. La Norvège impressionne dans les sports les plus traditionnels (sept médailles en ski alpin, six en biathlon, cinq en saut à skis), moins dans les épreuves plus récentes.

Il est intéressant de constater que l’explosion du nombre de médailles norvégiennes aux Jeux olympiques d’hiver est intervenue juste après la désignation, par le CIO, de Lillehammer comme ville-hôte pour l’édition 1994. En 1988, la Norvège remportait cinq médailles à Calgary. En 1992, elle en décrochait 20 à Albertville. Puis 26 à domicile deux ans plus tard.

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Le miracle norvégien n’est toutefois pas épargné par les soupçons. Avant le début des JO, une enquête de la chaîne allemande ARD agitait le spectre d’un dopage généralisé – et international – dans le ski de fond lors de la première décennie du siècle. La meilleure spécialiste norvégienne, Therese Johaug, est actuellement suspendue pour dopage. Mais à ce jour, les contrôles pratiqués en Corée du Sud n’ont permis d’épingler qu’un hockeyeur slovène, un patineur de vitesse japonais, un curleur et une bobeuse russes. Aucun athlète norvégien. Et tous les médaillés sont astreints à un test antidopage.

La spécialisation des nations

Au tableau des médailles, on retrouve en tête les grandes nations des sports d’hiver: Norvège, Allemagne, Canada, Etats-Unis… Seule «surprise» dans le top 5: la présence des Pays-Bas avec 20 médailles, soit cinq de plus que la Suisse. Ils en comptent surtout 16 dans la seule discipline du patinage de vitesse, véritable passion nationale qui suffit à porter les Néerlandais aussi haut au classement puisqu’elle se décline en 14 épreuves différentes.

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Au-delà même de ce cas particulier, les résultats des Jeux olympiques montrent que les nations se «partagent» les compétitions. La Grande-Bretagne a décroché trois des six médailles décernées en skeleton; la Corée du Sud domine le short-track; la Norvège écrase la concurrence en ski de fond; les Etats-Unis sont sans rival en snowboard; le Canada n’a pas son pareil en ski acrobatique. Et l’Allemagne, elle, fonde son succès d’ensemble (31 médailles) sur le combiné nordique, le bob, la luge et le biathlon.

Les champions, humains après tout

Au-delà du «match amical» international – les JO sont censés mettre aux prises des athlètes et pas des nations –, l’époque semble appartenir aux champions hégémoniques, en sports d’hiver comme ailleurs. A Pyeongchang, plusieurs athlètes d’exception pouvaient ainsi escompter le carton plein historique. Ils ne sont pas repartis les mains vides mais les bagages moins lourds de métal que ce qu’ils espéraient. Le biathlète français Martin Fourcade aura été l’homme des JO avec trois médailles d’or, mais il a tout de même terminé trois épreuves sans monter sur le podium, ce qui ne lui était pas arrivé une seule fois lors des 18 épreuves précédant le rendez-vous sud-coréen. Humain après tout.

Lire également: «Désolée, je garde mon masque de ski, je ne pensais pas gagner donc je ne suis pas maquillée»

La jeune skieuse américaine Mikaela Shiffrin (22 ans) se dit, elle, satisfaite d’un titre et d’une médaille d’argent, mais elle ne faisait pas mystère de son ambition de triompher cinq fois à Pyeongchang. Les reports de course, la fatigue et la concurrence ont eu raison de son grand projet. L’Autrichien Marcel Hirscher, enfin, considéré comme le meilleur skieur de tous les temps, a parfaitement commencé avec des titres en géant et en combiné, mais – incident extrêmement rare – il a été éliminé lors du slalom. A tous ces champions parmi les plus grands, la réalité du sport est venue rappeler qu’il n’est pas facile de gagner tout le temps, surtout avec la pression d’une grande compétition, et une concurrence féroce, jeune et décomplexée. L’exploit des JO aura ainsi été réalisé par la Tchèque Ester Ledecká (22 ans), première athlète à se qualifier dans deux disciplines différentes (ski et snowboard alpins) et surtout à y remporter des médailles d’or (super-G et géant parallèle).

Les «kids» de l’an 2000

Mais il y a encore beaucoup plus jeune qu’elle. Dimanche 11 février, l’Américain Redmond Gerard (17 ans) est devenu, en snowboard slopestyle, le tout premier champion olympique né dans les années 2000 (le 29 juin). Dans son sillage, d’autres ont fait des Jeux olympiques de Pyeongchang ceux des «kids» du XXIe siècle.

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Toujours en snowboard, la prodige californienne Chloe Kim (née en octobre) a remporté la compétition de half-pipe. La Gruérienne Mathilde Gremaud (née en février) a pris le deuxième rang du slopestyle à skis. La Française Julia Pereira (16 ans, née en 2001) a gagné une incroyable médaille d’argent en snowboardcross. Et à tout ce petit monde, Alina Zagitova a mis un petit coup de vieux en triomphant lors de la compétition individuelle de patinage artistique à 15 ans. Elle est née le 18 mai 2002.

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Pour le CIO qui rêve de renouveler son audience et de toucher les plus jeunes générations, ces grands champions à visages d’enfants sont une aubaine. Ils seront encore jeunes, et déjà expérimentés, lors des Jeux olympiques d’hiver de Pékin en 2022.

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