Ça commence par un «ohhhhh» du public, un attroupement de photographes autour d'une jeune femme grimaçante. Couchée au milieu de la ligne droite du 200 m, Marion Jones se tient le bas du dos. Elle vient de s'écrouler lors de sa demi-finale. Elle ne gagnera sans doute pas les deux dernières médailles d'or qu'elle convoitait, sur 200 m et 4 x 400 m. Selon les premières informations, l'Américaine a souffert de crampes et de spasmes dans le bas du dos.

Ça continue avec quelques beaux moments: la victoire du «vieux» Gallois Colin Jackson (32 ans) sur 110 m haies, après quatre ans de défaites en finale des Mondiaux et des Jeux olympiques. La détresse de Nezha Bidouane, déjà drapée dans le drapeau marocain, consolée par celle qui vient de la déposséder de son titre du 400 m haies à la photo-finish, la Cubaine Daimi Pernia.

Plus tard dans la soirée, entre la finale du 400 m haies féminin et les séries du 5000 m masculin, Marcel Schelbert s'est qualifié pour la finale du 400 m haies. Au sortir du dernier virage, le Zurichois n'était que cinquième. «Ma course a été loin d'être parfaite. Quand j'ai vu ma position, je me suis dit qu'il fallait que j'aille chercher tout au fond de moi-même les 5% d'énergie qui me restaient.» Ses 30 derniers mètres ont été époustouflants. Troisième en 48''80 derrière l'Américain Joey Woody et le Polonais Pawel Januszewski, il disputera sa première finale mondiale individuelle vendredi à 21 heures. Pour viser une médaille? Il élude en souriant: «Evidemment, tout participant rêve d'une médaille…»

Un Suisse qui jubile et un autre qui s'apprête à entrer lice ce jeudi. En soirée, le Lucernois André Bucher cherchera en effet à se qualifier pour les demi-finales du 800 m, disputées vendredi. A 22 ans, le Lucernois au teint blafard, deuxième des championnats d'Europe l'an dernier, est l'un des grands espoirs suisses de médailles, avec Schelbert et Anita Weyermann. Il le sait, se dit confiant: «Je suis arrivé vendredi passé déjà pour m'acclimater à la chaleur. Cet hiver, j'ai gagné de la force en travaillant avec Jean-Pierre Egger (n.d.l.r.: aujourd'hui préparateur physique de l'Olympique de Marseille). J'ai fait une bonne saison. Et j'ai effectué une bonne préparation.» Par chance, il disputera sa série juste avant 22 heures, à l'heure où la chaleur est un peu moins étouffante à l'intérieur du stade Olympique de Séville.

F. D.