D'un stade à l'autre

A Bordeaux, la forêt de pins d'Herzog et de Meuron

Comment ne pas voir, dans le nouveau stade Matmut Atlantique de Bordeaux inauguré en 2015, le symbole du tournant pris par la capitale du vin, devenue la ville la plus attractive de France?

Une forêt de pins landaise réinventée par deux architectes suisses fêtés dans le monde entier. Une arène sportive signée, tout comme l’Allianz Arena de Munich ou le nid olympique de Pékin, par le duo Herzog et de Meuron. Comment ne pas voir, dans le nouveau stade Matmut Atlantique de Bordeaux inauguré en 2015 en remplacement du stade Chaban Delmas, le symbole du tournant pris par la capitale du vin, devenue la ville la plus attractive de France?

Ici, le ballon rond n’est qu’un prétexte. Rectangulaire, fort de 42 000 places, ce stade entouré d’une forêt de 644 poteaux blancs – dont un tiers seulement soutient l’édifice – se veut d’abord le symbole de la vitalité urbaine de la ville et de sa vocation mondiale. Un tremplin dont le maire actuel, l’ancien premier ministre Alain Juppé, espère bien tirer les bénéfices politiques…

Simple. Elégant. Ce complexe multi-activités est à l’image de la cité bourgeoise, classieuse, ouverte sur le monde grâce au négoce viticole. Son nom, surtout, est censé résumer la nouvelle vocation de Bordeaux: tournée vers l’Atlantique, en compétition avec Nantes pour incarner la France du grand large.

Lorsque le stade est inauguré en 2015, 200 anciens joueurs des Girondins, l’équipe de la ville – aujourd’hui propriété du patron de M6 Nicolas De Tavernost – sont au rendez-vous. Parmi eux figure Zinedine Zidane, qui joua ici dans les années 90, aux côtés de Bixente Lizarrazu et Christophe Dugarry. On égrène les noms de Tigana, Dropsy, Pauleta… et surtout d’Alain Giresse, capitaine courage dans les années 80-90, marquées par la personnalité du futur entraineur des Bleus Aimé Jacquet. 182 buts au compteur pour Giresse à l’époque où le président du club, Claude Bez, règne sur le foot hexagonal au point d’en devenir le grand manitou. Michel Platini, en 1988, lui doit son poste de sélectionneur national.

Herzog et de Meuron avaient reçu une commande: imaginer un stade capable d’incarner la modernité, privilégier une structure métallique plutôt que le béton massif. Le résultat, pour un coût de prés de 200 millions d’euros, confirme la réputation des architectes suisses. Reste à transformer l’essai de cette «icône» dans une ville qui vient d’inaugurer un autre bâtiment symbole: la Cité du vin, sur les quais de la Garonne.


A lire: «Bordeaux, Au-delà des Chartrons» (Ed. Nevicata)

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