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L'équipe de Suisse à l'entraînement.
© PATRICK B. KRAEMER

Football

Avant la Bosnie et l’Euro, l’équipe de Suisse en cinq questions

L’équipe nationale n’a gagné ni son match, ni beaucoup de certitudes lors de son séjour en Irlande. Elle jouera mardi soir au Letzigrund pour y voir plus clair et (se) rassurer

Ce mardi soir, après un match contre la Bosnie-Herzégovine au Letzigrund de Zurich (coup d’envoi à 20h30), les joueurs de l’équipe de Suisse reprendront le chemin de leur club pour terminer la saison. Quand ils se retrouveront, le 22 mai prochain au Tessin, il restera deux matches amicaux à jouer (la Belgique à Genève, la Moldavie à Lugano), mais plus beaucoup de temps pour y voir clair. Le samedi 11 juin, l’Euro commencera pour les hommes de Vladimir Petkovic, avec un choc très attendu contre l’Albanie. D’ici-là, le sélectionneur a toutes une série de chantiers à mener et de questions à trancher, mis au jour par une triste défaite contre la République d’Irlande (1-0), vendredi.

Les cadres de la Nati sont-ils indispensables?

Vladimir Petkovic n’aura bien entendu pas d’autre choix que de composer sans ceux qui seront blessés ou malades lors de l’Euro, mais la question a le mérite de pointer la dépendance de l’équipe de Suisse à certains joueurs et de montrer que les absents n’ont pas toujours tort.

Sans jouer en Irlande, Johan Djourou a sans doute marqué des points en défense centrale, comme Xherdan Shaqiri en attaque. Stephan Lichtsteiner retrouvera aussi sa place sitôt remis de sa blessure, même si Michael Lang a prouvé qu’il était un second choix de premier ordre au poste de latéral droit. Virtuellement, le Genevois de Hambourg est plus que jamais le patron de la charnière centrale après la prestation difficile de Timm Klose et Fabian Schär, mais une grosse incertitude (sa mononucléose) plane sur la fin de sa saison.

Blessé à une cuisse et déjà absent contre l’Irlande, l’ailier de Stoke City est également un incontournable de l’alignement de Vladimir Petkovic. Malgré un 4-3-3 résolument offensif, l’équipe de Suisse est restée loin du but irlandais vendredi (aucune véritable occasion). «Je suis optimiste en vue de l’Euro, mais il faut prier pour qu’il n’y ait pas de blessures jusqu’au bout, relevait à Dublin Alexandre Comisetti, ancien international et commentateur pour la RTS. Devant, cela commence à être compliqué.»

La Suisse peut-elle se passer de Gökhan Inler?

Même s’il assure que son choix définitif reste suspendu au temps de jeu du milieu de terrain à Leicester City, Vladimir Petkovic a déjà tranché la question: oui, elle peut s’en passer. Le capitaine de l’équipe nationale n’est pas au-dessus des lois du sélectionneur. Mais la décision de ne pas sélectionner Inler pour les matches contre l’Irlande et la Bosnie-Herzégovine a beaucoup surpris à l’étranger. Ce week-end, la presse irlandaise s’étonnait qu’une équipe comme la Suisse puisse délibérément choisir de laisser de côté un joueur aussi expérimenté (89 sélections). «Son réservoir de joueurs est-il si grand?», se demandait-elle.

La réflexion s’applique aussi aux deux «oubliés» du Hertha Berlin. Valentin Stocker (33 sélections, 5 buts) joue très peu en Bundesliga mais s’était montré décisif contre la Slovénie avec la Suisse; Fabian Lustenberger «n’est pas prêt à venir s’il n’est pas titulaire», selon Petkovic, mais connaît une belle saison en Allemagne (même s’il n’a pas joué les deux derniers matches). Mais s’il n’a pas encore décidé qui il emmènera à l’Euro, il ne fait aucun doute que le sélectionneur s’y rendra avec ses principes.

Quel rôle pour Breel Embolo?

Avec l’attaquant bâlois de 19 ans, l’équipe de Suisse tient une pépite qu’elle emmènera à coup sûr en France. Reste à définir dans quelle optique. Son manque d’expérience (deux titularisations en huit sélections, un but) appellerait à le laisser dans un rôle de joker, mais quelques forfaits (celui de Drmic est déjà acté), son punch et sa polyvalence pourraient lui offrir une place dans le «onze» de départ de Petkovic à l’Euro.

Contre l’Irlande, il a montré qu’il pouvait jouer sur un côté (en première mi-temps) comme en pointe, où il a parfois tenté d’utiliser la profondeur quand Seferovic avait jusque-là principalement évolué dos au but, en pivot. Dans un secteur offensif où seul Xherdan Shaqiri paraît intouchable, Breel Embolo a une carte à jouer. D’autant que les jeunes attaquants réussissent plutôt bien à la Suisse à l’Euro: en 2004, Johan Vonlanthen était devenu à 18 ans le plus jeune buteur de l’histoire de la compétition; en 2008, Eren Derdiyok était à 20 ans le plus jeune joueur de l’édition et n’avait pas démérité (deux passes décisives).

L’opinion publique est-elle trop sévère?

La presse suisse n’a pas été tendre avec l’équipe nationale au lendemain de la défaite en Irlande. Capitaine en l’absence de Stephan Lichtsteiner, Valon Behrami n’a pas caché ce qu’il pensait de la critique et d’une opinion publique qui est vite «dans le côté négatif des choses». «Moi, cela fait onze ans que je suis là, cela m’est égal, précise-t-il. Mais cela peut déranger les joueurs, surtout les jeunes, qui ont besoin d’une atmosphère positive, calme, tranquille.»

Le fait est qu’on s’habitue à manger avec des couverts en argent: l’équipe de Suisse pointe au 12e rang du classement FIFA et elle n’a plus manqué un grand tournoi depuis le Mondial 2002. Les attentes sont à la hauteur. «Nous avons de l’ambition pour l’Euro, assure Valon Behrami. Mais pour l’instant, il faut nous laisser travailler.»

Qu’attendre du match contre la Bosnie?

Des tests, encore des tests. «Il est encore temps d’essayer des choses, glissait Stephan Lichtsteiner ce week-end. Surtout qu’on ne sait pas qui sera en forme au moment de l’Euro.» Gelson Fernandes confirme: «De toute façon, on ne joue pas une telle compétition à onze ou douze. Il faut se préparer à remplacer des joueurs.»

Au-delà de ça, l’équipe de Suisse sera à la recherche d’une meilleure assise défensive (avec quels stoppeurs?) et d’allant en phase offensive. «Pour faire mieux que contre l’Irlande, nous devons prendre plus de risques, jouer davantage entre les lignes et dans la profondeur», estime Stephan Lichtsteiner. Valon Behrami, lui, tempère les inquiétudes concernant l’attaque. «En novembre dernier, on a marqué deux fois contre la Slovaquie et deux fois contre l’Autriche, rappelle-t-il. Il n’y avait personne pour dire qu’il y avait un problème à ce niveau.»

Une chose est sûre: après nonante minutes, ce mardi, contre la Bosnie-Herzégovine, l’Euro paraîtra encore loin. Mais l’équipe de Suisse ne se réunira plus avant le 22 mai et alors, il sera tout près.

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