So British! Difficile de résumer autrement ce qui s’est déroulé vendredi soir sous les yeux des 80 000 personnes présentes dans le stade olympique de Stratford et de plus d’un milliard de téléspectateurs partout dans le monde. Un condensé explosif et vivifiant de ce qu’est la Grande-Bretagne.

Pour ce show planétaire, Danny Boyle, le réalisateur oscarisé de Slumdog Millionaire a laissé libre cours à son imagination fertile. Pour un résultat décoiffant.

Avec cette cérémonie inventive et décalée, les Britanniques ont su éviter le piège du clinquant et de la démesure. Technologiquement et techniquement, on était loin de la folie des grandeurs de Pékin 2008 au cours de laquelle le pays avait exposé sa toute puissante aux yeux du monde dans un show qui restera probablement inégalé. Mais la cérémonie chinoise, aussi féérique qu’elle fut, était trop sage. Elle avait manqué d’extravagance et de fantaisie. Celle de Londres 2012 a baigné dans l’originalité et l’excentricité. Et dans une sorte d’autodérision caractéristique de l’humour insulaire britannique contrastant radicalement avec le patriotisme kitsch que dégage habituellement cet exercice.

Le vainqueur du Tour de France 2012, Bradley Wiggins, a fait résonner une immense cloche en guise de trois coups alors que prenaient place120 chefs d’Etat et autres personnalités. Au cours de ce spectacle intitulé «L’île aux merveilles», inspiré de La Tempête de William Shakespeare, le cinéaste a glissé beaucoup de parties filmées, diffusées sur de nombreux écrans. Et a réussi le tour de force de faire interpréter à la Reine Elizabeth II son propre rôle dans une séquence où Daniel Craig, alias James Bond, vient chercher sa Majesté au Palais pour l’emmener au stade olympique en hélicoptère.

Dans un enchaînement de tableaux, Boyle a évoqué notamment l’abrupte révolution industrielle, la lutte ouvrière, l’introduction du vote des femmes, le virage culturel des années 60. Il a rendu hommage au système de santé britannique, le célèbre «National Health Service». Il a revisité la riche histoire musicale du pays dans un brillant medley et mis en scène quelques mythes de la littérature enfantine comme Peter Pan ou Mary Poppins. Outre la reine, il a fait participer de nombreuses personnalités comme l’acteur Kenneth Brannagh, Rowan Atkinson, plus connu sous le nom de Mr Bean, la romancière J.K. Rowling, le scientifique à l’origine du web, Sir Tim Berners-Lee ou encore Paul McCartney, venu jouer Hey Jude pour clore les festivités d’ouverture.

Les Jeux de Londres 2012 se sont ouverts avec une cérémonie résolument différente qui a su trancher avec la magnificience souvent pompeuse et un brin ennuyeuse.