Dimanche 30 janvier

Les larmes du «Aussie Kim»? «Du bonheur, version liquide», s’emporte Le Soir, alors que chez les juniors la compatriote An-Sophie Mestach a remporté la mise en simple comme en double. Trois titres en une journée pour la Belgique. Pas sûr que ça fasse plaisir à la nouvelle retraitée Justine Henin: selon une référence du tennis mondial, elle aurait quitté le chemin des courts à cause de Kim Clijsters, son éternelle rivale. Pendant ce temps, la finaliste Na Li voit loin: «J’espère que dans cinq ans, la Chine aura autant de joueuses que la Russie» [elles étaient 18 à participer au simple de Melbourne, contre 3 Chinoises]. Chez les hommes, pour la première deuxième fois en 23 finales de Grand Chelem, il n’y avait ni Nadal ni Federer. Andy Murray, qui est revenu sur la BBC sur sa première rencontre, à 14 ans, contre son adversaire du jour Novak Djokovic et son amitié avec le joueur Serbe, n’en a pas profité. Le «nouvel Henman», disent les journalistes britanniques, doit s’entraîner différemment pour remporter un majeur. Peut-être sur ce jeu video.

Samedi 29 janvier

Pour le grand bonheur de la Belgique et de Patrick Haumont, Kim Clijsters prive l’Asie d’un cinquième Grand Chelem, non sans avoir été accrochée par la “pionnière” Na Li (ou Li Na, c’est selon), première étoile chinoise à ce stade de la compétition. Pendant ce temps, le Andymurrayometer indique que 86% d’Andy Murray est britannique. S’il gagne dimanche, il mettra fin à 75 ans de disettes anglaises en Grands Chelems, le pays du tennis pourtant. “Espérons qu’on n’ait pas un nouvel Henman, craint Le Guardian, un joueur qui s’est rapproché mais qui n’a jamais su gagner ce que toute la nation attend depuis 1936”. Et qui aujourd’hui pense que l’adversaire Novak Djokovic est favori. Heureusement, Andy pourra compter sur le soutien de sa mère qui raconte au NYT comment, petit, il s’entraînait avec son frère dans le salon. Quant à Homer Simpson, il console Rafaël Nadal et Stan Wawrinka dans l’avion du retour.

Vendredi 28 janvier «Le fardeau de Roger Federer», titre Tennis. com: si le Suisse ne gagne pas, le monde s’insurge: que fait-il? Il vit «une passation de pouvoir», s’exclame l’ancien joueur australien Todd Woodbridge et avec lui toute la planète tennis. Le «leader de la fronde» s’appelle Novak Djokovic, tonne Le Matin qui en rajoute une couche en insistant sur le revers, «mauvais coup» du Bâlois. «Novak a joué le meilleur match de sa vie», estime son coach Marián Vajda dans le New York Times qui s’extasie devant «le niveau de tennis de jeu vidéo» de la rencontre. Quant à Marc Rosset, il déplore les girouettes des journalistes qui titraient sur le renouveau du Roger après sa victoire au Master il y a six semaines, et qui aujourd’hui déjà s’inquiètent. Le Genevois reconnaît pourtant que pour le crocodile des courts de 29 ans, «chaque année sera plus dure». ■ Jeudi 27 janvier

Rosset le poulpe avait vu juste, lui qui ne pronostiquait pas une finale Federer – Nadal et s’attendait à des surprises. Rafa a perdu, blessé qu’il était. Roger également, dominé sur les points importants dans sa demi-finale contre le Serbe Novak Djokovic. Et certains fans, ou collègues, de regretter alors que la partie n’était pas terminée: en tennis aujourd’hui, les surfaces sont trop lentes, le Maître ne peut plus attaquer. Maigre consolation: sa popularité s’accroît, même dans la défaite. Chez les filles Li Na jouera samedi une victoire en Grand Chelem, ce qui bouscule l’ascension, jusque-là progressive, des «fleurs d’or», ces Chinoises qui gagnent sur les courts. Fleur sur le gâteau: Li Na a le sens de l’humour. ■ Mercredi 26 janvier Alors que la presse analyse le «pétard mouillé» historique d’hier, les choses bougent au pays. Après l’allée Marc Rosset (pour ceux qui ne connaissent pas ce champion olympique, voici de quoi rattraper le retard), au club de tennis du Drizia à Genève, la St. Jakob Arena, complexe sportif bâlois qui honore l’ancien n° 7 mondial Jakob Hlasek, il semble qu’une Rogerfederergasse soit imminente, à Bienne. Pendant ce temps en Australie, les joueurs continuent d’inspirer: après la poésie, une pièce de théâtre les transforme en héros. C’est ainsi que, dans le premier quart de finale masculin de la journée, le «capitaine en second du bateau» Andy Murray a eu raison, d’un grand coup d’épée, du «simple moussaillon rescapé des grandes eaux» Alexandr Dolgopolov. Ce qui ne surprend personne: sur le «andymurrayometer», il est de plus en plus britannique, signe qu’il est en forme. ■ Mardi 25 janvier «Ils n’étaient que deux au départ de l’aventure.Mais ils sont toujours deux, à l’approche du port.Les Suisses, c’est bien connu de tous, ont la peau dure.Pourtant l’un d’eux devra passer par-dessus bord. […]» Cinq quatrains, deux tercets. Le drame de la nuit a réveillé les enfants d’Apollon, les résultats suscitant les vocations (la preuve par le contraire avec ces Britanniques désespérés – leur dernier succès en Grand Chelem remonte à… 1936, excusons-les). Mais à 0-2 dans la troisième manche, Stanislas déchante: il se trompe grossièrement en «challengeant» une balle (presque autant que le Russe Marat Safin quelques années plus tôt) et brise sa raquette. Il tweetera moins de dix minutes après sa sortie du court: «Lost 61 63 63… Too good for me today…» Malgré les dires de son coach Peter Lundgren, le Vaudois semble avoir abdiqué, rapidement, dans cette partie «aussi intense qu’une séance d’entraînement».

Lundi 24 janvier La presse suisse, ravie, se met à la page. Plus question d’évoquer le duel du «Suisse qui gagne» contre «celui qui perd», selon la Tribune de Genève qui met de l’huile sur le feu: «Ni Rodgeur, ni Stan n’ont invité leur pote à leurs mariages respectifs». Le Matin rappelle les faits: le Bâlois n’a concédé qu’une seule défaite en sept confrontations contre le Vaudois, «quelques jours après son mariage», ses gains culminent à 62 millions de dollars, alors que ceux de «Stanley» (comme s’évertue à l’appeler Roger) sont 15 fois moins élevés. 72% des lecteurs du Tages Anzeiger, comme du Blick, estiment que le Suisse allemand va triompher (Roger serait d’ailleurs «désolé» s’il venait à le battre). Pas sûr que les Romands soient d’accord (même si le «vrai faux» Marc Rosset souhaite qu’on annonce le score en «schwizerdütsch»), après tout, le joueur de St-Barthélemy a «deux coups droits», selon son entraîneur Peter Lundgren. Les sondages ne disent pas non plus combien de fans s’enflammeront devant leur écran dès 2h30 cette nuit. ■ Dimanche 23 janvier 2011

24 aces contre 9. 67 points gagnants contre 24. Stanislas Wawrinka a affolé les statistiques contre Andy Roddick. Son prochain adversaire Roger Federer, même s’il a dit ne pas considérer ce genre de chiffres après sa victoire contre Tommy Robredo, peut s’inquiéter. «Je ne parierais pas ma dernière chemise sur une victoire de Roger», confirme Pascal Droz, qui a commenté pour la TSR la démonstration du Vaudois. Lequel n’a pas attendu plus de cinq minutes après sa sortie du court pour tweeter: «Ça, c’est fait». «Son» Homer Simpson, lui, parade déjà, sur la casquette du Bâlois. Pas sûr qu’il se rende compte que les deux plus beaux revers à une main du circuit vont s’affronter mardi dans un quart de finale historique, le sixième duel helvétique dans le cadre d’un tournoi du Grand Chelem, le premier à ce stade de la compétition. Quant aux histoires d’amour de Steffi Graf, elles continuentSamedi 22 janvier 2011

Des remords André Agassi (cf paragraphe du 20 janvier)? Le nouvel élu au Temple de la renommée du tennis a profité de son discours pour déclarer son amour pour sa femme Steffi Graf, en larmes, huit minutes durant. Rien de très troublant: Slate.fr rappelle que Federer et Nadal, eux aussi, s’aiment, même si, selon la TSR, ce serait «fabriqué». Mais tout le monde peut se tromper: l’ancien joueur australien Todd Woodbridge, qui croyait que la Belge Kim Clijsters était enceinte, a dû admettre son erreur devant le public de la Rod Laver Arena, le court central du tournoi. Pas de quoi déconcentrer Stanislas Wawrinka, qui se fait représenter par Homer Simpson sur Twitter. Pour contrer le puissant service de son prochain adversaire Andy Roddick, il ferait mieux de s’entraîner avec Brian Battistone. ■ Vendredi 21 janvier 2011 7h10 heure suisse. 17h10 à Melbourne. Le Belge Xavier Malisse salue le public, il vient de gagner un jeu. Une prouesse pour celui qui venait d’en perdre dix de suite contre un Federer «qui n’a pourtant joué qu’à 75%», se lamente Patrick Haumont, spécialiste du tennis… belge. Insuffisant pourtant pour faire de cette rencontre un «non-événement», en tout cas sur 15-LT [et sur LT bien sûr], «le site où un battement de cil de Roger est analysé et décrypté comme une soirée électorale sur France2.» Quant à Stanislas Wawrinka, il soigne tous les détails. Il immortalise ses dix raquettes, s’affiche avec son copain et adversaire du jour Gaël Monfils quelques minutes avant le match, et gagne. «Une machine», serait tenté de dire le scientifique fou et troisième joueur mondial Novak Djokovic. ■ Jeudi 20 janvier 2011 Panique, déclin, inquiétude: plusieurs commentateurs, à l’image de cet Australien, frissonnent: Roger n’a plus son aura d’antan. Contrairement à Marc Rosset, qui revient sur la frayeur du «Maître» face aux «50 kilos tout mouillé» de Gilles, et qui profite de la nouvelle année pour nous souhaiter tous ses vœux «d’ivresse et d’adultère» (il se réjouit d’ailleurs du nouveau célibat de Stanislas Wawrinka). Décidément, les retraités du tennis font parler d’eux: André Agassi, en déplacement à Taiwan la semaine dernière, a proposé de montrer des photos de sa femme, l’ex-championne et magnifique Steffi Graf, toute nue, contre 4000 dollars. Quant au blog du New York Times «Straight Sets», il semble s’adresser à ceux qui redoutent que Roger Federer se soit fatigué hier à Melbourne, lui qui admire la qualité des entraînements hivernaux du Suisse, plus de cinq sets par jour sous la chaleur du soleil de Dubaï, contre, entre autres, un gros lifteur gaucher. ■ Mercredi 19 janvier 2011 L’Open d’Australie est un terroir de surprises, prévenait dimanche l’ancien joueur Marc Rosset. On a tous craint que la première allait surgir aujourd’hui de la Rod Laver Arena, le court central de Melbourne Park, surtout lorsque Roger Federer s’est trouvé mené 0-30 sur son service en début de cinquième manche, puis à force de voir son adversaire Gilles Simon sauver les balles de match, en fin de partie. Son pote et collègue Yves Allegro a par exemple tweeté son soulagement à l’issue des hostilités. Peut-être la surprise viendra-t-elle plutôt de celui qui se décrit comme le «Suisse qui perd»? Car Stanislas Wawrinka n’en finit plus de gagner cette année, lui qui vient de remporter un troisième tournoi et qui n’a toujours pas concédé la moindre manche cette semaine. Il s’est d’ailleurs félicité après sa probante victoire au second tour contre le talentueux Grigor Dimitrov, sur Twitter bien sûr.