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La désolation des fans du Hambourg SV après la relégation de leur club, le 12 mai 2018.
© Daniel Bockwoldt

Football

Bundesliga des villes et Bundesliga des champs

Les relégations de Hambourg et Cologne privent l’élite allemande des deuxième et quatrième villes du pays alors que Hoffenheim, 3200 habitants, est en Ligue des champions

Hambourg achevé, Cologne liquidé, Wolfsburg attendu au coin du bois par Holstein Kiel en barrage. La Bundesliga a rendu son verdict. Alors que le titre était joué (en faveur du Bayern) depuis le 14 avril, tous les regards étaient tournés vers le bas du classement et le haut du pays. A Hambourg, une ultime victoire 2-1 sur le Borussia Mönchengladbach n’a pas suffi. Le HSV est relégué pour la première fois de sa tumultueuse existence, après 54 années, 262 jours et 36 minutes de présence ininterrompue en Bundesliga.

Lire la chronique de Stéphane Henchoz: Hambourg, la mort annoncée du «dinosaure»

La légendaire pendule qui prenait le pouls de l’histoire s’est donc arrêtée. Elle n’a pas pris en compte les dix-sept minutes d’arrêts de jeu provoquées par des jets de fumigène. Les supporters ont entamé leur processus de deuil par le déni et la colère, phénomène classique. «Si Hambourg tombe, ce sera un séisme dans la ville mais sportivement, ce ne sera pas une surprise, prévenait en mars dernier Stéphane Henchoz dans le Temps. Le HSV est devenu un club de second rang qui n’attire plus les bons joueurs parce que son instabilité chronique en fait une destination trop risquée. Ils en sont à 15 entraîneurs en dix ans.»

La chute du FC Cologne suscite moins d’émotions. Depuis une dizaine d’années, ce club trois fois champion d’Allemagne n’a plus rien à voir avec celui qui abrita des champions de la trempe de Helmut Rahn, Wolfgang Overath, Rainer Bonhof, Bernd Schuster, Harald Schumacher (aujourd’hui vice-président), les frères Allofs, Pierre Littbarski ou Thomas Hässler. Le parfum des grandes soirées européennes (finaliste de la Coupe UEFA en 1986) a depuis longtemps déserté le RheinEnergieStadion, devenu l’une des adresses les plus ennuyeuses du pays.

Tous n’ont pas pris le train en marche

Avec Hambourg et Cologne, la Bundesliga perd les deuxième et quatrième villes les plus peuplées d’Allemagne, alors que Hoffenheim, 3200 habitants, termine devant le Borussia Dortmund (à la différence de buts) et décroche son ticket pour la Ligue des champions. Elle voit également chuter deux clubs historiques de plus, après Kaiserslautern (dernier de 2e Bundesliga et relégué en 3e Liga), Munich 1860 (tombé au niveau régional contre la réserve du Bayern), Sankt-Pauli (2e Bundesliga), Karlsruhe (3e Liga). Le Werder de Brême est toujours là, mais il vivote. Dans le même temps, des petits clubs soutenus par un gros sponsor ont poussé comme des champignons jusqu’en Bundesliga: Paderborn, Ingolstadt, Darmstadt, et surtout RB Leipzig ainsi que Hoffenheim, qui semblent aujourd’hui solidement installés.

Lire aussi: Comment Red Bull donne des ailes à Leipzig

Il y a vingt ans, le football allemand faisait son autocritique et entamait sa révolution après l’échec de la Mannschaft à la Coupe du monde 1998. Un travail de fond fut initié par la fédération pour moderniser les méthodes d’entraînement et s’ouvrir aux apports extérieurs. Au niveau des clubs, tous ne prirent pas le train en marche et ceux habitués à faire comme ils avaient toujours fait en payent le prix. «Trop de clubs se contentent rapidement de trop peu, regrettait Matthias Sammer, l’ancien directeur technique national en novembre dernier dans Le Temps. Et dans notre métier, l’autosatisfaction est fatale…»

«Les nouveaux bossent mieux»

«Les gens en Allemagne sont attachés à la culture du Traditionverein et n’aiment pas ces parvenus, mais ils oublient que ces nouveaux clubs bossent souvent mieux que les autres», souligne Stéphane Henchoz. «A Hoffenheim, notre première question est toujours la même: que demande le jeu?» nous expliquait récemment Michael Rechner, le responsable des gardiens de ce club dirigé par un coach de 30 ans, Julian Nagelsmann. «La nouvelle génération d’entraîneurs allemands est curieuse, avide d’échanger, de lire, d’aller voir ce qui se fait ailleurs», confirme l’entraîneur de l’ASF Patrick Foletti.

Mais en sport, rien n’est jamais définitif. Le FC Nuremberg, deuxième club le plus titré du pays (9 fois champion, la dernière en 1968) remonte parmi l’élite. Comme le VfB Stuttgart l’an dernier, après un séjour d’une saison en 2e Bundesliga. Pour Hambourg et Cologne, toucher le fond sera peut-être l’occasion d’impulser un nouvel élan pour remonter à la surface.

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